En effet, ils ont préparé leur football jeune depuis des décennies et récoltent aujourd’hui les fruits de leur travail, pendant qu’au Cameroun, particulièrement, depuis trois ans, le championnat des jeunes n’existe pas, on découvre par surprise les champions de toutes les catégories inférieures, à l’issue des finales improvisées par la maison mère. Comment croyions-nous faire un bon parcours au Maroc, alors que nous n’avons rien préparé, le public découvrant une sélection faite sur des bases subjectives, juste au tournoi de l’UNIFAC.
Pourtant, on se souvient qu’en début des années 90, en l’absence d’une sélection U17, et devant l’urgence de l’invitation à participer au Tournoi de Montaigu en France, le MINSEP avait désigné l’Ecole de Football Brasseries du Cameroun, créée en 1989, pour représenter le Cameroun. On connait les résultats dont les meilleures ont été des victoires finales successives sur trois ans. Les jeunes footballeurs, auteurs de ces victoires, se sont presque tous retrouvés, d’abord victorieux de la CAN junior 95, puis dans les Lions Indomptables seniors, dominateurs du football africain pendant une dizaine d’années.
Et comme nous avons des pertes de mémoire, sans football jeune en chantier, nous croyons pouvoir vendre l’illusion d’une grandeur de football national rien qu’au niveau des Lions Indomptables qui se portent relativement bien pour le moment. Nous oublions aussi que les Mbida Arantès, Abega Théophile et autres ont été révélés dans le « Mongo Football » animé à l’époque par l’arbitre-entraîneur Atangana Louis de Gonzague. Et que les grandes vedettes de notre football des années70-80 sont tous issus des championnats scolaires OSSUC.
Sans vouloir nous focaliser sur l’Ecole de Football Brasseries du Cameroun devenue Elites de Football Boissons du Cameroun, mais parce que c’est ce centre que nous connaissons le mieux, le football jeune, toutes catégories, dans ce centre de formation, bouge tous azimuts en interne, avec des matches amicaux tous les weekends, des tournois majeurs tous les ans, et surtout un recrutement de qualité au niveau national avec la Coupe TOP. Et cerise sur le gâteau, ce centre a été champion du Littoral il y a quelques années avec les U18.
Sans enlever le mérite aux autres centres de formation, nous continuerons à maintenir notre affirmation que toute équipe nationale, pour avoir des chances de résultats positifs à moyen terme, doit reposer sur une ossature fiable et solide. Malheureusement, les entraîneurs nationaux nommés à la tête de ces sélections inférieures, semblent vouloir constituer leur formation en se calquant sur la formule de l’Assemblée Nationale. Désolé, ils ne pourront pas réussir, en dehors des cas de 2003 et 2019 dont les sélectionneurs ont d’ailleurs et curieusement été limogés après la participation à la Coupe du monde. Preuve que le Cameroun refuse de travailler sur la durée, avec des hommes expérimentés.
Heureusement, le rétropédalage sur le cas du coach Ndoko limogé après avoir qualifié les Lionnes à la Coupe du Monde FIFA 2019, a été rappelé chez les U17 féminins et son travail crève les yeux avec des résultats positifs. En conclusion, et sans être formel, nous croyons que les U17 de l’EFBC, tout au moins une ossature de leur U17, aurait fait un bon parcours dans cette CAN Maroc 2025. L’autre erreur, la dernière en date, que le Cameroun est en train de commettre, c’est d’envoyer une sélection hétéroclite des U15-U16 à l’abattoir au Tournoi 2025 de Montaigu. Nous en reparlerons à la fin du tournoi.


