Selon des proches, il s’est effondré au cours de sa marche sportive quotidienne, une activité qui rythmait sa vie depuis la fin de sa carrière. Les habitants de son quartier, Mimboman à Yaoundé, qui l’avaient aperçu la veille, n’arrivent pas à croire à cette disparition soudaine. Né, le 15 juillet 1956 à Ndom, dans la Sanaga Maritime, région du Littoral, Emmanuel Gérôme Kundé incarne l’un des plus grands noms du football camerounais. Après ses débuts prometteurs à Mbankomo Club, il rejoint Tempête de Nanga Eboko en 1975.
Mais, c’est au Canon de Yaoundé que sa carrière prend son véritable envol. Pendant une décennie, il évolue aux côtés de joueurs talentueux, remportant trois championnats nationaux et une Coupe du Cameroun. Sa ténacité en défense, combinée à sa capacité de marquer des buts, fait de lui un joueur complet et redouté. C’est également sous les couleurs du Canon qu’il se fait remarquer sur la scène continentale. En 1984, il mène son club en finale de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de Coupe, même si la victoire lui échappe face à Al Ahly. Sa réputation franchit alors les frontières et attire l’attention des sélectionneurs nationaux.
Rejoignant les Lions Indomptables en 1979, Kundé devient rapidement un cadre de l’équipe. Sa prestance et son leadership le propulsent capitaine. Avec lui, le Cameroun brille sur la scène africaine, remportant deux Coupes d’Afrique des Nations : en 1984 en Côte d’Ivoire et en 1988 au Maroc. Sa performance en finale contre le Nigeria, où il inscrit le penalty victorieux, reste l’un des moments forts de sa carrière internationale.
Au-delà du continent, Kundé s’illustre également lors de deux Coupes du Monde. En 1982, il découvre l’élite mondiale en Espagne. Mais, c’est en 1990 que son nom entre définitivement dans la légende. Lors du quart de finale face à l’Angleterre, il transforme un penalty crucial, égalisant pour son équipe, et faisant vibrer tout un continent. Cette épopée en Italie reste l’un des plus grands exploits du football africain, un pays africain atteint pour la première fois les quarts de finale d’une coupe du monde.
Une parenthèse européenne
En 1987, Emmanuel Kundé s’ouvre à l’international en rejoignant le Stade Lavallois en France. Même si son passage en première division est bref, il se distingue par son calme et sa rigueur défensive. L’année suivante, il poursuit son aventure en D2 avec le Stade de Reims, où il devient un élément clé de l’effectif. Son expérience en Europe, bien que courte, enrichit son parcours et lui permet de découvrir de nouvelles approches tactiques. De retour au Cameroun, Kundé porte ensuite les couleurs de Prévoyance Yaoundé et de l’Olympique Mvolyé. Toujours animé par l’envie de transmettre, il encadre les jeunes joueurs et reste fidèle à sa passion pour le ballon rond.
Même après avoir raccroché les crampons, Emmanuel Kundé reste attaché au football. Il se lance dans une carrière d’entraîneur, guidé par l’envie de partager son savoir. Il prend les rênes de clubs locaux comme le Canon de Yaoundé et le PWD de Bamenda. Son expertise lui permet également de briller à l’étranger, notamment au Gabon, où il devient directeur technique de l’US Bitam. Au-delà de ses succès sur les terrains, Kundé s’investit pour les jeunes générations. Il encadre des équipes amateurs et transmet les valeurs qui ont fait sa force : discipline, persévérance et humilité.
Un homme apprécié et respecté
Emmanuel Kundé n’était pas seulement un grand joueur, mais aussi un homme profondément humain. Son humilité, malgré une carrière brillante, faisait de lui une personnalité respectée et aimée. Ses anciens coéquipiers louent sa simplicité et sa capacité à inspirer. Pour beaucoup, il était bien plus qu’un footballeur : un mentor et un modèle. Aujourd’hui, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a annoncé une minute de silence en son honneur, lors des prochains matchs. Les témoignages affluent de toutes parts, saluant non seulement le joueur exceptionnel, mais aussi l’homme de cœur.
Le parcours d’Emmanuel Kundé restera gravé dans l’histoire du football camerounais. Plus qu’un simple défenseur, il était un symbole de la détermination et de l’excellence sportive. Sa capacité à surmonter les défis, que ce soit sur le terrain ou en dehors, inspire encore des générations de joueurs. Sa disparition laisse un vide immense. Les fans se souviennent avec émotion de ce capitaine intrépide, qui portait fièrement les couleurs nationales, et ne reculait devant aucun défi.
Même après sa retraite, il a continué à représenter cette génération dorée des Lions Indomptables, celle qui a hissé le Cameroun au sommet du football africain et mondial.
En hommage à sa carrière exceptionnelle, des initiatives sont déjà en cours pour immortaliser son nom. Un stade ou un centre de formation pourrait bientôt porter son nom, afin que son héritage continue d’inspirer les jeunes footballeurs camerounais.
Des adieux dignes d’un champion
Le Cameroun pleure l’un de ses héros, mais l’esprit d’Emmanuel Kundé continuera de vivre à travers les souvenirs qu’il a laissés. Sa famille, ses amis et ses anciens coéquipiers s’unissent pour lui rendre un dernier hommage. Les obsèques, prévues à Ndom, sa ville natale, seront l’occasion pour toute la communauté sportive de saluer une dernière fois ce grand homme. Emmanuel Kundé nous quitte, mais sa légende, elle, demeure. De sa première licence à Mbankomo aux honneurs des Coupes d’Afrique, il a tracé sa voie avec courage et détermination.
Pour les supporters, il restera à jamais ce capitaine exemplaire, ce leader naturel qui incarnait la fierté de tout un pays. L’héritage qu’il laisse derrière lui va bien au-delà des trophées. Il nous rappelle que le talent, sans le travail et l’humilité, n’est rien. Emmanuel Kundé restera pour toujours dans les cœurs, non seulement comme un champion, mais comme un homme qui a marqué le football camerounais de son empreinte indélébile.


