Une crise au sommet du Comité olympique
Le Comité Olympique et Sportif Tchadien (COST), censé incarner l’unité du sport, est devenu le théâtre d’une lutte de pouvoir. Le président Idriss Dokony Adiker, élu en 2021, est contesté par une frange de fédérations et d’associations. En cause : un projet de révision des statuts jugé taillé sur mesure pour prolonger son mandat. Ses détracteurs ont même annoncé la mise en place d’un bureau provisoire dirigé par Yamita Tété, aussitôt jugé illégal par les autorités.
Face au risque d’un éclatement pur et simple, le ministère de la Jeunesse et des Sports a tranché. Dans un arrêté daté du 20 juin 2025, il a interdit les activités du bureau parallèle, réaffirmant la légitimité du COST en place. Une décision qui, loin d’éteindre les tensions, entretient désormais une méfiance généralisée au sein du mouvement.
Le football, miroir des blocages
Comme si cela ne suffisait pas, le football , discipline la plus populaire du pays , est lui aussi englué dans l’incertitude. L’Assemblée générale élective de la Fédération tchadienne de football (FTFA), prévue en novembre 2023, a été bloquée par une décision de justice. Résultat : une fédération paralysée, un risque de sanction de la FIFA, et une discipline une nouvelle fois fragilisée alors qu’elle tente de se reconstruire après plusieurs suspensions internationales.
Des athlètes pris en otage
Au milieu de ces batailles administratives, les premiers perdants sont les athlètes. Privés d’un encadrement stable, de compétitions régulières et de financements sécurisés, beaucoup peinent à progresser. Certains choisissent l’exil sportif, d’autres se résignent. Les rares talents qui émergent le font davantage grâce à leur volonté personnelle qu’à une politique sportive cohérente.
Quel avenir pour le sport tchadien ?
Le Tchad dispose pourtant d’un potentiel certain. Ses jeunes, passionnés de football, de lutte traditionnelle ou encore d’athlétisme, rêvent de voir un jour leur pays briller sur la scène africaine et mondiale. Mais tant que les querelles d’appareil primeront sur l’intérêt des sportifs, ces ambitions resteront lettre morte.
Pour sortir de l’impasse, deux priorités s’imposent :
rétablir un climat de confiance entre fédérations, ministère et Comité olympique ;
placer l’athlète au centre des politiques sportives, loin des batailles de statuts et de mandats. Car au fond, le sport n’est pas seulement une affaire de dirigeants. C’est d’abord une affaire de terrain, de sueur et de rêves. Et au Tchad, ces rêves méritent mieux que des crises à répétition.


