Des prestations qui le mettent en orbite pour les prochains JO de Paris. Compétition pour laquelle il portera les couleurs des Etats-Unis, son pays d’accueil. Pour des raisons familiales, nous dit-il, son fils étant né au pays de l’Oncle Sam, d’une mère américaine. Une décision qui a surpris les observateurs et donné un peu d’amertume aux Français qui croyaient qu’il compétirait désormais pour eux, après sa fameuse lettre au président Emmanuel Macron, qui a fuité fort opportunément dans les médias français.
Quand une star africaine de cette envergure qui est connue et reconnue à travers le monde se met à quémander un passeport français, un pays où il n’a aucune attache, c’est vraiment ridicule ! Le célèbre musicien Manu Dibango, de regrettée mémoire, né en 1933 et arrivé en France en 1949, n’a-t-il pas utilisé exclusivement le passeport camerounais jusqu’à son dernier souffle, le 24 mars 2020 ?
Ce choix pour les Etats-Unis arrive alors que son pays d’origine, le Cameroun, se prépare pour le tournoi préolympique de ces mêmes JO de Paris. Pour Joël Embiid, le choix du Cameroun aurait été logique si les Lions du basket avaient déjà leur ticket pour Paris. Ce qui n’a pas manqué de jeter un froid sur les supporters qui se demandent alors pourquoi le MVP de la saison régulière en NBA en 2023, souhaite venir seulement après la qualification.
Qui sera alors l’atout de cette qualification s’il n’y prend pas part, se demandent-ils, à raison. Du coup, des voix se sont faites entendre sur cette décision inacceptable et dont les mobiles sont à chercher du côté du business dont la NBA n’est que le paravent.
En effet, la NBA a ficelé son organisation pour empêcher tout élément perturbateur. Pour les Africains qui y évoluent, porter les couleurs de leurs pays relève presque de l’impossible. On brandit souvent l’argument de l’assurance et l’inorganisation des sélections africaines. Et si les joueurs venaient à braver ces obstacles, ce serait mettre leur avenir professionnel en danger.
C’est pourquoi des joueurs géniaux comme Hakeem Olajuwon (Nigéria), Dikembe Moutombo (de l’ex-Zaïre) ou Joakim Noah (Cameroun) hier, et Joël Embiid aujourd’hui ont préféré protéger leur avenir. Consolidant le capitalisme dans son confort surplombant et méprisant vis-à-vis de tous ces « faibles » qui n’ont pas les qualités pour se hisser à leur niveau. Avec ce nouveau cas Embiid, c’est la diplomatie, plus que le patriotisme et l’engagement des joueurs, qui est mis en procès.
Une diplomatie des pays africains bien sûr, mais également des institutions sportives africaines, notamment la Fédération africaine de basketball, dont on attend les prises de position fortes et un déploiement stratégique guidé par la volonté de faire revenir en sélection ces joueurs dont les talents bénéficient à ceux qui, hier comme aujourd’hui, continuent d’opprimer les Africains.
Au fait, le monde africain du basket ne pourrait-il pas prendre exemple sur la CAF de Issa Hayatou qui su par le passé, imposer ses vues sur un certain nombre de dossiers où sa souveraineté et son pouvoir étaient remis en question par la toute puissante FIFA, en refusant catégoriquement par exemple une Can tous les quatre ans !


