Samuel Eto’o assume son choix. Alors que Gianni Infantino prépare l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027, le président de la Fédération camerounaise de football défend publiquement le dirigeant italo-suisse. Pour l’ancien capitaine des Lions Indomptables, l’élargissement de la Coupe du monde et les possibilités offertes aux fédérations africaines constituent des éléments importants du bilan d’Infantino. Une position qui continue de susciter des réactions dans le monde du football.
celui qui a le plus apporté à l’Afrique
Le 10 septembre 2026, France 24 diffuse un entretien avec Samuel Eto’o consacré notamment à la prochaine élection à la présidence de la FIFA. Le président de la FECAFOOT y confirme son soutien à Gianni Infantino. Il estime que le dirigeant de la FIFA est celui qui a le plus apporté au football africain.
Quelques jours auparavant, dans un entretien accordé à L’Équipe, Eto’o avait déjà appelé les fédérations africaines à soutenir Infantino, estimant que celui-ci avait accéléré le développement des fédérations du continent et augmenté leurs possibilités d’accéder à la Coupe du monde.
Neuf places africaines au Mondial 2026
L’un des arguments avancés par Samuel Eto’o concerne l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes. Pour l’édition 2026, l’Afrique disposait de neuf places directement qualificatives, contre cinq lors du Mondial 2022. Pour le président de la FECAFOOT, cette évolution constitue une avancée importante pour les sélections du continent et une conséquence directe de la nouvelle configuration de la compétition sous la présidence d’Infantino.
Cette augmentation permet notamment à davantage de fédérations africaines de participer à la compétition mondiale et d’accéder aux revenus et à la visibilité liés à une présence au Mondial.
Le fossé financier au cœur de son argumentaire
Samuel Eto’o met également en avant les différences de moyens entre les fédérations africaines et européennes. Dans son entretien, il rappelle que certaines fédérations africaines disposent de budgets très faibles et dépendent fortement des financements publics. Il cite notamment le cas de fédérations dont les budgets peuvent atteindre seulement 150 000 euros, soit environ 98 millions de FCFA.
Quand vous voyez certaines Fédérations qui ont des budgets de 150 000 euros, comment se battre face aux gros pays ? ,
explique-t-il.
Pour Eto’o, cette réalité explique aussi pourquoi les pays africains ne peuvent pas toujours avoir la même lecture des décisions de la FIFA que les grandes puissances européennes du football.
nous aurions eu des Mbappé, des Tchouaméni
Le président de la FECAFOOT lie directement cette question financière à la formation et à la conservation des talents africains.
Il cite Kylian Mbappé et Aurélien Tchouaméni, deux internationaux français ayant des attaches familiales camerounaises, pour illustrer son propos.
Si nous avions au Cameroun la possibilité de compter sur un budget de 20 millions ou de 40 millions de dollars par an, bien évidemment que nous aurions eu des Mbappé, des Tchouaméni ,
Affirme-t-il.
Son argument porte ainsi sur la capacité des fédérations africaines à financer la formation, les infrastructures et l’encadrement nécessaires pour permettre aux jeunes talents d’atteindre le plus haut niveau tout en restant davantage liés à leur environnement de formation.
Philippe Doucet demande des preuves concrètes
Le soutien de Samuel Eto’o n’est toutefois pas accueilli sans réserve.
Le 2 octobre 2026, le journaliste sportif Philippe Doucet a réagi aux déclarations du président de la FECAFOOT. Il ne remet pas en cause le droit d’Eto’o de soutenir Gianni Infantino, mais demande que les arguments avancés soient accompagnés d’un bilan précis.
C’est plus pratique de dire : je soutiens Infantino parce qu’il fait beaucoup de choses pour l’Afrique. Après, j’aimerais bien qu’il liste un peu tout ce qu’Infantino fait pour l’Afrique ,
A déclaré Philippe Doucet.
La sortie du journaliste ramène ainsi le débat sur les réalisations concrètes attribuées au président de la FIFA. Elle intervient alors que le soutien d’Eto’o s’inscrit dans une période où les rapports de force autour de la gouvernance du football mondial sont particulièrement visibles.
Un soutien qui dépasse le simple cadre sportif
En défendant Infantino, Samuel Eto’o se positionne également dans le débat institutionnel qui accompagne la prochaine élection à la présidence de la FIFA. Son discours oppose notamment les réalités financières des fédérations africaines à celles des grandes fédérations européennes. Il estime que les intérêts et les contraintes du football africain doivent être pris en compte dans les décisions internationales.
De son côté, Philippe Doucet ramène la discussion à l’évaluation du bilan. Sa demande de voir les actions d’Infantino détaillées place ainsi les arguments du président de la FECAFOOT face à une exigence de résultats mesurables.
Un débat qui dépasse la personne d’Infantino
Derrière le soutien de Samuel Eto’o se trouve finalement une question plus large sur la place du football africain dans la gouvernance mondiale. L’élargissement du Mondial à 48 équipes a renforcé la représentation du continent. Mais les attentes africaines concernent également le financement des fédérations, les infrastructures, la formation, les compétitions locales, les droits audiovisuels et la capacité à retenir les meilleurs talents.
Le bilan d’un président de la FIFA ne se mesure donc pas uniquement au nombre de places attribuées à un continent. Il se mesure aussi à la capacité des réformes internationales à produire des effets durables sur les structures qui font vivre le football africain.
Samuel Eto’o a choisi de défendre Gianni Infantino en s’appuyant sur des évolutions concrètes comme le passage à neuf places africaines au Mondial 2026 et sur les difficultés financières qui continuent de limiter les fédérations du continent. Son soutien est désormais clairement assumé à l’approche de l’élection de la FIFA en 2027.
La réaction de Philippe Doucet apporte un autre niveau au débat : derrière les déclarations et les positions institutionnelles, il demande que les réalisations attribuées à Infantino soient clairement établies. Le débat se retrouve ainsi placé sur le terrain du bilan, des résultats et de l’impact réel des décisions de la FIFA sur le football africain.



