Selon des sources médiatiques, aucun joueur, ni le sélectionneur Marc Brys, n’a reçu le paiement prévu après le nul (0-0) face à l’Angola. Chaque joueur devait percevoir 2 millions de francs CFA, tandis que le sélectionneur et certains membres du staff étaient attendus sur des montants supérieurs à 4 millions de FCFA. Au total, ce sont plus de 100 millions de francs CFA qui seraient concernés. Si le processus administratif a été engagé, les fonds ne semblent pas encore avoir atteint leurs destinataires, provoquant un flou généralisé et une certaine frustration au sein de la tanière. Le retard est d’autant plus remarqué que, depuis trois ans, les primes sont versées dans un délai moyen de 48 heures après chaque rencontre internationale.
Cette pratique instaurée sous la gestion précédente de la FECAFOOT a permis de maintenir une stabilité financière au sein du groupe. La rupture de cette routine alimente donc les spéculations et les rumeurs, certaines évoquant même un risque de boycott du prochain regroupement par certains cadres de la sélection. Malgré ce climat, le groupe reste concentré sur la préparation des barrages. D’après des sources internes, les joueurs continuent de suivre les consignes du staff technique et aucun incident majeur n’a été signalé. Le ministère des Sports, via le ministre Narcisse Mouelle Kombi, est finalement intervenu pour clarifier la situation.
Dans un communiqué publié le 3 novembre 2025, il indique que le virement des primes est en cours et dément toute implication du sélectionneur dans un éventuel retard de la publication de la liste des joueurs pour les barrages. La liste, selon le communiqué, avait été transmise à la FECAFOOT dès le 23 octobre 2025, conformément aux pratiques établies par le technicien belge. Le communiqué souligne également que toutes les primes des sélections nationales, hommes et femmes, ont été régulièrement prises en charge par l’État, y compris pour les équipes ayant connu des résultats médiocres en compétitions internationales. Cette communication vise à rassurer le public et les acteurs du football sur le respect des engagements financiers de l’État. L’agent comptable du ministère des Finances, en charge de la FECAFOOT, reste l’ultime point de contrôle avant que les fonds n’atteignent leurs bénéficiaires. Ce maillon unique dans la chaîne de paiement explique en partie les délais, mais alimente aussi le scepticisme des joueurs et des observateurs.
Les Lions restent concentrés
Malgré le débat public et les rumeurs, la réalité sur le terrain diffère. Selon la journaliste sportive Annette Ikono, proche du staff technique :
Les primes n’ont pas encore été versées, mais cela ne perturbe en rien le regroupement à venir. Les joueurs restent concentrés et motivés, l’esprit d’équipe est intact .
Cette position reflète une maturité acquise par le groupe face aux aléas administratifs et politiques qui ponctuent régulièrement la gestion de la sélection nationale. Le calendrier sportif demeure la priorité. Le stage préparatoire débutera le lundi 10 novembre 2025, trois jours avant le premier match des barrages prévu à Rabat contre la RD Congo. Le staff technique, pour sa part, poursuit l’organisation du regroupement, les plans tactiques et la préparation physique étant déjà établis. Les retards de paiement, s’ils perdurent, ne semblent pas menacer le calendrier ni la cohésion du groupe. Cependant, la polémique n’est pas anodine. Elle met en évidence la fragilité des processus institutionnels et le manque de communication proactive, qui peuvent rapidement transformer un incident administratif en crise médiatique. Les joueurs, eux, adoptent une posture pragmatique, tandis que les autorités tentent de préserver la crédibilité de leurs engagements financiers.


