Dans les dernières minutes du temps réglementaire, alors que le score était de 0-0, un penalty a été accordé au Maroc après recours à la VAR pour une faute sur Brahim Diaz. Quelques instants auparavant, un but sénégalais avait été refusé sur une décision tout aussi litigieuse. Ces décisions ont déclenché une réaction immédiate côté sénégalais, Pape Thiaw demandant à ses joueurs de quitter le terrain. L’interruption a plongé le stade et les spectateurs dans une incertitude totale, et beaucoup ont craint un abandon de match pouvant coûter la victoire au Sénégal. Pour Walid Regragui, la situation est inacceptable.
L’image qu’on a donnée de l’Afrique, aujourd’hui, c’est un peu honteuse. Pape demande à ses joueurs de sortir du terrain !
, a-t-il insisté lors de sa conférence de presse après le match.
Abattu par la défaite, le sélectionneur marocain a toutefois reconnu la performance de ses adversaires, soulignant que la chance et le football avaient basculé en faveur du Sénégal.
C’est très, très dur, je ne vais pas vous mentir. Nous étions à une minute d’être champions d’Afrique. Le football est parfois cruel. Tout a tourné en leur faveur après le penalty manqué
, a-t-il ajouté.
Regragui a dénoncé un comportement qu’il juge irrespectueux.
Ce qu’a fait Pape ce soir ne nous honore pas et n’honore pas l’Afrique. Ce n’est pas classe, mais ce n’est pas grave, il est champion d’Afrique, donc il a le droit de dire ce qu’il veut
, a-t-il poursuivi, tout en saluant la victoire sénégalaise.
Le technicien marocain a insisté sur la nécessité de rester digne dans la défaite comme dans la victoire, rappelant que le fair-play doit primer sur les réactions émotionnelles. Les tensions ont également éclaté lors de la conférence de presse. Walid Regragui a fait face à des questions insistantes de journalistes marocains sur la performance de ses joueurs, le choix de Brahim Diaz pour tirer le penalty et la blessure de son défenseur Igamane. Le sélectionneur a défendu ses décisions, expliquant que le choix des tireurs et des remplacements relevait de sa responsabilité.
Quand il y a un échec, il faut l’accepter et l’assumer. C’est la faute du coach et voilà
, a-t-il déclaré, mettant en avant la résilience et l’engagement de son équipe malgré l’issue cruelle du match.
La situation a été amplifiée par l’impossibilité pour Pape Thiaw de s’exprimer devant la presse. La conférence du sélectionneur sénégalais a été annulée pour des raisons de sécurité après des huées et des protestations de journalistes locaux mécontents de la conduite de son équipe. L’incident illustre la tension extrême qui a marqué cette finale et le rôle des médias dans le contrôle de l’ordre lors des rencontres internationales. Malgré la défaite, Walid Regragui a tenu à souligner la qualité de certains de ses joueurs, en particulier le gardien Yassine Bounou, qu’il a qualifié de « meilleur gardien de l’histoire et du monde ». Il a rappelé que pour gagner des trophées, la performance individuelle et collective reste déterminante et que l’expérience acquise servira pour les prochaines compétitions.
Le sélectionneur marocain a conclu sur une note d’espoir, estimant que son équipe reviendra plus forte et qu’elle connaît désormais le chemin pour atteindre à nouveau la finale de la CAN. Le Maroc sort grandi dans l’effort mais marqué par la déception et le sentiment d’injustice, tandis que le Sénégal célèbre son titre dans une atmosphère encore controversée.


