George Weah, c’est l’histoire d’un homme né le 1er octobre 1966 au destin hors du commun. Attaquant de génie, il remporte en 1995 le Ballon d’Or France Football récompensant le meilleur joueur évoluant en Europe. Il est le premier joueur non européen à remporter ce trophée, de fait le premier pour une nation africaine et le deuxième originaire du continent africain après le portugais Eusébio, qui venait du Mozambique. Il est également le premier ancien footballeur professionnel de premier plan à devenir chef d’État.
Pendant 14 ans, l’attaquant de génie évolue dans les plus grands clubs européens – Monaco, Paris SG et Milan AC, à l’apogée de sa carrière, puis Chelsea, Manchester City, Marseille -, amassant une fortune considérable.
À l’issue de sa carrière sportive et de la deuxième guerre civile libérienne, il se lance en politique. Candidat à l’élection présidentielle libérienne de 2005, il échoue au second tour du scrutin face à Ellen Johnson Sirleaf, alors qu’il était pourtant arrivé en tête du premier tour. Lors de l’élection présidentielle libérienne de 2011, il est cette fois-ci candidat à la vice-présidence mais le ticket présidentiel formé avec Winston Tubman est battu par la présidente sortante.
Il réussit à se faire élire sénateur lors des élections sénatoriales de 2014, puis est élu président de la République à l’issue du second tour de l’élection présidentielle de décembre 2017, face au vice-président sortant, Joseph Boakai.
Après un premier mandat réussi, il sera de nouveau candidat à sa propre succession, lors de l’élection présidentielle prévue ce mois d’octobre au Liberia. Il promeut comme toujours : “une gouvernance publique en faveur des plus pauvres”. Pour y parvenir, George Weah, élevé par sa grand-mère à Gibraltar, un bidonville de Monrovia, s’est à nouveau engagé à “transformer la vie de tous les Libériens”.
Né pour servir
George Weah ne s’est pas contenté d’être une légende du foot, il s’est engagé pour le Liberia,
indique, à juste titre, le chroniqueur Racine Assane Demba. Le 26 décembre 2017, ce n’est donc pas un footballeur qui a remporté une victoire électorale, mais une icône du sport qui a décidé de se politiser, puis de s’engager en politique pour arriver à cette consécration.
Depuis toujours Mister George invite les femmes et hommes en colère ou en désaccord avec la manière dont sont conduites les affaires de nos Etats, ceux qui ne veulent plus voir leur pays mal gouverné, à s’impliquer politiquement pour être les acteurs du changement.

Le parcours sportif de George Weah est remarquable. Son parcours de vie devient exceptionnel. Il n’est certes pas le centre du monde mais a refusé de se contenter d’être un ancien avant-centre de légende
Issu de l’ethnie kru, une des principales du pays, il est seulement, après Samuel Doe (1980-1990), le deuxième président de la plus ancienne république d’Afrique à ne pas appartenir à l’élite “américano-libérienne” descendant d’esclaves affranchis qui y domine la vie politique depuis 170 ans.
“C’est une histoire incroyable”, a déclaré l’entraîneur Arsène Wenger au lendemain de son élection, retrouvant dans ce destin “la force mentale de George: il a toujours été convaincu qu’il avait une mission” à accomplir.
Mais il a gardé ses attaches dans la banlieue de Monrovia, où il tape encore le ballon avec des amis. L’attaquant de renom a marqué les esprits de tous ceux qui l’ont côtoyé, tellement l’homme d’Etat qu’il est devenu a toujours été humble, grand bosseur, généreux et à l’écoute des autres.


