Le rideau est tombé sur la 20e édition des Championnats du monde d’athlétisme à Tokyo ce 21 septembre 2025. Comme à Paris en 2024 lors des Jeux olympiques, les Kényans ont éclaboussé les pistes de leur talent. Avec 11 médailles dont sept en or, deux en argent et deux en bronze, le Kenya occupe la deuxième place au classement général de l’expédition de Tokyo, derrière les Etats Unis, 26 médailles (16 en or, cinq en argent et cinq en bronze).
Les coureurs kényans se sont illustrés les épreuves de fond et de demi-fond aux Mondiaux de Tokyo. Des 10.000 m aux marathons (hommes et femmes), en passant par les 3000 m steeple, les 1.500 m, les 5000m entre autres, les représentants kényans ont répondu présents.
La médaillée d’or olympique, Béatrice Chebet a répondu à toutes les attentes placées en elle. La coureuse de 25 ans est entrée dans l’histoire comme la troisième femme à réaliser un doublé (5 000 m et 10 000 m) aux Championnats du monde. Comme elle, Faith Kipyegon, deuxième sur le 5000 m, a également fait un bond dans l’histoire en remportant son quatrième titre mondial sur le 1500 m. Le Kenya a également dominé le 800 m. Lilian Odira a mené le débat sur cette distance, battant au passage son record personnel et un record des Mondiaux d’athlétisme, vieux de 42 ans.
Au marathon, Peres Jepchirchir qui a terminé sa course en 2h 24 min 43 secondes a fait flotter le drapeau kényan le plus haut possible. Une victoire attendue puisque la marathonienne est médaillée d’or des Jeux de Tokyo en 2021 et vainqueure des marathons de New York et de Londres.
Une usine à champions
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Kenya s’impose aujourd’hui comme une usine de fabrication de champions. En 15 éditions des Jeux olympiques, le pays a remporté 113 médailles. 106 ont été glanées en athlétisme. Parmi elles, 69 sur des courses de fond et 28 sur des courses de demi-fond.
Aux côtés de l’Ethiopie, le Kenya, considéré comme le royaume des courses de fond, domine les 5 000 m, 10 000 m, 3 000 m steeple (course d’obstacles courue en fond), ainsi que le marathon. Dans les grandes compétitions comme dans les livres de records, le Kenya a imposé sa marque grâce à ses champions.
De l’or en altitude
Les prouesses kényanes font des curieux. Les exploits des coureurs issus de ce pays de la corne de l’Afrique suscitent des interrogations. Les pistes explorées par les médias internationaux mènent vers les hauteurs des contrées d’où sortent leurs meilleurs fondeurs : Iten, une ville située dans le comté d’Elgeyo-Marakwet. Cette localité a vu émerger des fordistes de renom comme Eliud Kipchoge, double champion olympique du marathon, ancien détenteur du record du monde officiel et détenteur du record du monde non officiel (1’59’40 en 2019, dans des conditions spéciales).
L’une des particularités de cette partie du pays surnommée « la terre des champions », c’est son altitude. Elle est située à 2 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. D’après France 24, cette hauteur fait de d’Iten « un lieu d’entraînement hors norme où chaque foulée se paye double ». Dans cet endroit, les temps des athlètes sont moins bons de cinq secondes par kilomètre sur de longues distances. Ces derniers gagnent près de quatre minutes sur 40 kilomètres lorsqu’ils redescendent au niveau de la mer.
« Ici, il y a beaucoup moins d’oxygène dans l’air. Du coup, quand tu t’entraînes en haute altitude, puis que tu redescends, ton corps est plus capable d’utiliser l’oxygène dans l’air, de l’attraper et de l’utiliser plus rapidement. Les gens qui s’entraînent à Iten ont ainsi un énorme avantage quand ils redescendent pour participer à des courses, en Europe par exemple. Ils se fatiguent moins, ils peuvent mieux gérer leurs compétitions »,
expliquait Henry Rono, ancien recordman du monde sur 3 000 m steeple, 5 000 m et 10 000 m dans les années 1970-1980.
Une étude publiée par le National Center for Biotechnology Information évoque des prédispositions génétiques comme facteur incontournable dans la réussite des Kényans dans cette discipline. Ce, même si Blooming y émet des réserves. Selon cette source, le succès des Kenyans est le fruit de leurs conditions de vie, leur entraînement intensif. Une combinaison de facteurs qui écrit l’histoire de l’athlétisme kényan.


