Depuis sa création en 1956, le Ballon d’Or est organisé par le magazine France Football. Chaque année, le processus suit un double mécanisme. La rédaction de France Football et celle de L’Équipe établissent d’abord une liste de 30 joueurs nominés, en fonction de leurs performances sur la saison. Cette présélection peut parfois inclure d’anciens joueurs appelés à donner leur regard. Vient ensuite le vote. Un journaliste de chacune des 100 premières nations au classement FIFA reçoit un bulletin. Chacun d’eux désigne ses dix meilleurs joueurs, dans l’ordre. Des points sont attribués selon le rang : 15 pour la première place, 12 pour la deuxième, 10 pour la troisième, puis 8, 7, 5, 4, 3, 2 et 1 jusqu’au dixième choix.
Le cumul de ces votes détermine le vainqueur. En cas d’égalité, les premières places départagent les ex æquo. Si l’égalité persiste, on examine les deuxièmes places, et ainsi de suite. Trois critères guident les journalistes : les performances individuelles et le caractère décisif du joueur, les résultats collectifs avec son équipe et enfin la classe et le fair-play. Le Ballon d’Or n’a pas toujours fonctionné ainsi. De 1956 à 1995, il n’était ouvert qu’aux joueurs européens. Puis, jusqu’en 2007, seuls les footballeurs évoluant dans des clubs européens pouvaient être récompensés. Depuis, il est accessible à tous, quel que soit le continent d’appartenance.
Entre 2010 et 2015, la FIFA s’est associée à France Football pour créer le FIFA Ballon d’Or. Les capitaines et entraîneurs des sélections nationales participaient alors au vote, aux côtés des journalistes. À partir de 2016, le partenariat a pris fin et France Football a repris seul la gestion du trophée. De son côté, la FIFA a lancé sa propre distinction, The Best, mais celle-ci n’a pas encore acquis le prestige historique du Ballon d’Or. Une autre évolution notable est intervenue en 2022. Auparavant, les votes prenaient en compte l’année civile, ce qui mélangeait deux demi-saisons. Désormais, le scrutin couvre une saison complète, de l’été à l’été suivant, pour mieux refléter la régularité d’un joueur.
Depuis 2018, le Ballon d’Or existe aussi dans une version féminine. Son principe est identique, avec une différence dans l’ampleur du jury. Seuls 50 journalistes issus des nations les mieux classées par la FIFA votent pour le Ballon d’Or féminin. 04 lauréates se partagent jusqu’ici les titres. La Norvégienne Ada Hegerberg a été la première en 2018. L’Américaine Megan Rapinoe a suivi en 2019. L’Espagnole Alexia Putellas l’a remporté deux fois, en 2021 et 2022, et sa compatriote Aitana Bonmati a été sacrée en 2023, 2024 et cette année 2025.
Palmarès et records
Lionel Messi détient le record du Ballon d’Or avec 08 trophées. Cristiano Ronaldo suit avec 05 sacres. Johan Cruyff, Michel Platini et Marco van Basten comptent 03 distinctions chacun. Alfredo Di Stéfano, Franz Beckenbauer, Kevin Keegan, Karl-Heinz Rummenigge et Ronaldo Nazario en totalisent deux. Cette domination des attaquants et milieux offensifs alimente les critiques. Sur près de 70 éditions, seul un gardien, Lev Yachine, et deux défenseurs, Franz Beckenbauer et Fabio Cannavaro, ont soulevé le Ballon d’Or.
Beaucoup estiment que les défenseurs et gardiens restent trop souvent écartés malgré leur rôle essentiel. Le poids des performances collectives est également un sujet de débat. Les lauréats viennent souvent d’équipes ayant remporté la Ligue des champions ou la Coupe du monde. Certains regrettent que des joueurs brillants individuellement soient exclus si leur club ou leur sélection n’a pas remporté de titre majeur.
Les Africains proches du sacre
Depuis George Weah en 1995, aucun joueur africain n’a plus remporté le Ballon d’Or. Pourtant, plusieurs générations de stars ont approché la consécration. Samuel Eto’o, Didier Drogba, Mohamed Salah et surtout Sadio Mané ont marqué leur époque, mais ont échoué face à des concurrents couronnés par des campagnes internationales victorieuses. En 2006, Eto’o réalise une saison exceptionnelle avec Barcelone : 34 buts, une Ligue des champions, la Liga et la Supercoupe d’Europe. Mais le Camerounais termine seulement 6e, loin derrière Cannavaro, champion du monde avec l’Italie.
En 2007, Didier Drogba inscrit 33 buts avec Chelsea, remporte la FA Cup et la Coupe de la Ligue. Malgré ces performances, il termine 4e. Mohamed Salah connaît le même sort en 2019. Avec 27 buts, une Ligue des champions et une Coupe du monde des clubs, il n’atteint que la 5e place. Sadio Mané reste celui qui s’est approché le plus près de Weah. 4e en 2019, il a surtout marqué l’histoire en 2022. Cette année-là, il gagne la Coupe d’Afrique des Nations avec le Sénégal et atteint la finale de la Ligue des champions avec Liverpool. Résultat, il termine 2e derrière Karim Benzema, soit le meilleur classement africain depuis 1995.
La 69e édition du Ballon d’Or a consacré Ousmane Dembélé. Le français d’origine mauritanienne et sénégalaise a porté haut les couleurs du Paris Saint-Germain et de l’équipe de France. Son sacre fait écho sur le continent africain. Le joueur, né à Vernon en Normandie, revendique ses attaches familiales. Sa mère est mauritanienne, son père sénégalais. Dembélé a d’ailleurs contribué à des projets communautaires en Mauritanie, renforçant ses liens avec la terre de ses ancêtres. Avec son trophée, il devient le troisième joueur d’origine subsaharienne à décrocher le Ballon d’Or, après Eusébio en 1965 et George Weah en 1995.
Des confusions sont longtemps nées autour de son patronyme courant en Afrique de l’Ouest. Beaucoup l’avaient cru malien, mais le joueur a lui-même clarifié ce point avant la CAN 2017, en affirmant qu’aucun membre de sa famille n’était originaire du Mali. À travers ce Ballon d’Or, le continent garde l’espoir de voir un jour l’un de ses représentants brandir à nouveau le trophée en son nom. En attendant, il célèbre le parcours d’un joueur dont les racines rappellent la place essentielle de l’Afrique dans l’histoire du football mondial.


