La ville d’Abidjan a connu une nuit très agitée. Battue par le Nigeria (0-1), la Côte d’Ivoire a enchaîné avec un nouveau revers contre la Guinée-Équatoriale (0-4), lundi. Deux défaites durant la phase de poules de la CAN pour un pays organisateur, ce n’est arrivé qu’une seule fois dans l’histoire, en 1984, avec… la Côte d’Ivoire.
Jamais un pays hôte n’avait d’ailleurs perdu sur un tel écart dans le tournoi. Les Éléphants ont visiblement du mal à recevoir. Face à ces revers, les fans ivoiriens manquant de fair-play se sont lancés dans des actes de vandalisme pour manifester leurs mécontentements.
Quelques minutes après la fin du cauchemar ivoirien, des journalistes régulièrement accrédités pour couvrir la CAN ivoirienne reçoivent des messages leur invitant à la prudence. Plusieurs zones sont à éviter. Dans l’un des quartiers les plus populaires d’Abidjan Abobo Somanké, l’on annonce que :
Des individus non identifiés se mettent à agresser les populations en les dépouillant de leurs biens / les forces de l’ordre viennent d’arriver dans le secteur.
Non loin de là, à Abobo Ndotre on nous signale que « les bus de la SOTRA affectés aux transports des supporters ont été saccagés ». Les Forces de maintien de l’ordre réagissent en utilisant les gaz lacrymogènes. Au carrefour radio Arc-en-ciel, la tension est encore plus vive : manifestation de colère des populations, voies obstruées par des bois et les barrières des postes de filtrages saccagées. Les mouvements de folles sont également signalés à YOP Sicogi. A l’Hôtel des Palmiers, quartier général des Eléphants, les vandales dictent la loi. Les Forces de défense vont mettre du temps pour rétablir l’ordre. A Yamoussoukro, le restaurant le Baoulé, QG des camerounais, est également saccagé. Selon un témoin ayant vécu la scène, tout serait parti des cris de joie de quelques Équato-guinéens venus suivre le match Côte d’Ivoire Vs Guinée Équatoriale plutôt à “Akwaba Cameroun”
Après le 4e but de la Guinée Équatoriale, ces supporters du Nzalan Nacional ont explosé de joie. Les supporters Ivoiriens, qui se trouvaient également sur les lieux, ont mal digéré la joie des Équato-guinéens et ont décidé de les prendre à partie. Selon le même témoin, la bagarre qui s’en est suivie a causé des dégâts matériels non négligeables (chaises cassées, comptoirs endommagés, etc.) L’une des serveuses du Maquis, ayant reçu un coup à la tête, a été conduite dans un centre hospitalier. Jusqu’à l’heure actuelle, elle ne s’est pas encore remise de son choc.
Au stade Ebimpé, qui était le théâtre de l’évènement, des supporters, très déçus, ont jeté des bouteilles sur les joueurs puis ont tenté en vain d’accéder à la pelouse. Les Eléphants ont dû être escortés par la police à leur sortie de la pelouse. Ce n’est qu’au petit matin, quand la situation est revenue à la normale, que les deux équipes ont pu quitter le stade Alassane Ouattara.


