Au coup de sifflet final, les trajectoires du Cameroun et du Malawi se sont croisées au sommet de la CAN féminine 2026. Les Lionnes Indomptables ont décroché le trophée continental après leur victoire 3-0, tandis que les Scorchers ont conclu leur première participation à la compétition par une médaille d’argent et une qualification pour la Coupe du Monde.
En conférence de presse, Valentine Ngué et Lovemore Fazilu ont surtout insisté sur le travail réalisé avant et pendant la compétition. Pour la sélectionneure camerounaise, le titre est l’aboutissement d’un projet mis en place quelques semaines avant le tournoi. Pour son homologue malawite, la finale constitue une étape supplémentaire dans la construction d’une équipe appelée à progresser.
Valentine Ngué : « Chaque match était une finale »
Pour Valentine Ngué, le sacre camerounais repose d’abord sur une préparation structurée. La sélectionneure explique que son staff a commencé le travail environ deux mois avant la compétition, avec la mise en place d’un projet de jeu, d’un programme de travail et d’une détection des joueuses. Le principe fixé au groupe était simple : considérer chaque rencontre comme une finale.
Elles ont prouvé qu’elles pouvaient tenir sur six matchs, six finales,
a expliqué la technicienne.
Cette préparation a également été adaptée à chaque adversaire. Avant la finale, le staff camerounais avait notamment étudié le danger représenté par les sœurs Tabitha et Temwa Chawinga, principales armes offensives malawites. L’objectif était de limiter les espaces dans le dos de la défense tout en maintenant le projet de jeu camerounais.
Cette stratégie a fonctionné en finale. Le Cameroun a inscrit trois buts en première période et conservé son avantage jusqu’au coup de sifflet final.
Un titre construit autour du travail
Valentine Ngué attribue également une partie du succès au changement de staff décidé par le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o. Elle souligne la complémentarité entre les membres de son équipe technique et le travail effectué avec les joueuses.
La sélectionneure revendique par ailleurs une expérience de 16 années comme entraîneure. Elle rappelle son palmarès national, avec notamment dix titres de championne du Cameroun et sept Coupes du Cameroun, pour expliquer que le sacre continental ne doit pas être considéré comme le résultat du hasard. Pour elle, la persévérance et la patience constituent les principaux enseignements de son parcours.
Je suis une bosseuse,
a-t-elle résumé, invitant les jeunes techniciennes à se former, à travailler et à attendre leur moment.
Le titre africain vient ainsi couronner une trajectoire professionnelle construite sur plusieurs années, alors même que le Cameroun avait été repêché dans cette édition.
Le Malawi, une première participation déjà historique
Face au Cameroun, le Malawi disputait sa première phase finale de Coupe d’Afrique des nations féminine. Malgré la défaite en finale, Lovemore Fazilu a présenté le parcours de ses joueuses comme une étape majeure pour le football du pays. Le sélectionneur malawite estime que son équipe a acquis une expérience importante en affrontant plusieurs des grandes nations du continent. Selon lui, les joueuses pourront désormais aborder les prochaines compétitions avec davantage de vécu international.
La construction de cette sélection, explique-t-il, a commencé environ quatre ans et demi auparavant, avec un mélange de joueuses expérimentées et de jeunes talents. Le groupe a progressivement gagné en expérience à travers différentes compétitions avant d’atteindre cette finale continentale.
Des moyens supplémentaires attendus au Malawi
Au-delà du résultat sportif, Fazilu a profité de la conférence de presse pour évoquer les besoins du football féminin malawite. Il estime que cette performance doit encourager les autorités à investir davantage dans la discipline. Le technicien souligne notamment le manque de ressources auquel sont confrontées les équipes féminines, une problématique qu’il considère comme présente dans plusieurs pays africains.
La présence des supporters malawites au Maroc constitue également un autre élément marquant de cette campagne. Le sélectionneur a expliqué que certains fans avaient fait le déplacement depuis l’étranger pour assister à la finale, malgré le coût du voyage et des billets. Pour lui, cet engouement traduit l’importance prise par cette équipe auprès de la population.
Deux équipes, deux perspectives pour la suite
Les deux sélections sortent finalement de cette CAN avec des perspectives internationales importantes. Le Cameroun repart avec le titre continental et une nouvelle dynamique sous Valentine Ngué. Le Malawi, lui, quitte la compétition avec une médaille d’argent et une qualification historique pour la Coupe du Monde.
Les deux entraîneurs ont également évoqué la nécessité de poursuivre le travail. Valentine Ngué estime que le groupe devra d’abord récupérer avant de préparer les prochaines échéances. Lovemore Fazilu, de son côté, entend poursuivre la préparation de son équipe en vue de la Coupe du Monde et des Jeux olympiques.
La sélectionneuse camerounaise a aussi souligné la progression générale du football féminin africain. Selon elle, les différentes équipes rencontrées au cours de la compétition ont démontré des progrès et le développement du football féminin bénéficie désormais d’un soutien croissant des instances internationales.
La finale de la CAN féminine 2026 aura donc opposé deux histoires différentes. Le Cameroun, repêché avant la compétition, a transformé une préparation de deux mois en titre continental. Le Malawi, engagé pour la première fois dans une phase finale de CAN, a atteint la finale et obtenu sa qualification pour la Coupe du Monde.
Dans les deux camps, les sélectionneurs retiennent surtout le travail accompli et l’expérience accumulée. Pour les Lionnes Indomptables, le prochain défi sera de confirmer ce sacre sur la scène mondiale. Pour les Scorchers, il s’agira de transformer cette première campagne historique en véritable point de départ pour le développement du football féminin malawite.


