Douze nations, cinq tickets pour le Qatar et désormais une dernière fenêtre pour faire la différence. Les éliminatoires africains de la Coupe du monde 2027 entrent dans leur dernière ligne droite et chaque victoire commence à compter double.
À Radès comme à Dakar, les quatre jours de compétition ont surtout rappelé une chose : aucune sélection n’est à l’abri d’un retournement de situation. Pour le Cameroun, la question est désormais simple : les Lions ont-ils suffisamment de ressources pour transformer leur position favorable en une première qualification historique pour une Coupe du monde ?
Le Cameroun impressionne puis s’effondre
Le Cameroun avait pourtant envoyé un message fort. Après sa victoire contre le Nigeria, la sélection camerounaise a dominé la Tunisie 83 à 61. Fabian Ateba a contribué au succès avec 14 points, mais la principale attraction était Yves Missi. Le pivot des Pelicans de La Nouvelle-Orléans a assumé son statut avec un double-double : 19 points et 14 rebonds. Ajoutée à une défense solide, cette prestation donnait au Cameroun les allures d’un candidat sérieux à la qualification.
Mais la dynamique s’est brutalement inversée face à la Guinée. Le Syli national a transformé la rencontre en démonstration offensive, notamment derrière l’arc. Avec 16 tirs à trois points réussis, la Guinéea établi un record d’Afrique dans ces éliminatoires.
Résultat : 90-67 pour la Guinée. Une claque qui pose une vraie question : le Cameroun peut-il prétendre au Mondial s’il reste aussi irrégulier ?
La réponse n’est pas forcément négative. Les Lions restent en tête du groupe E, à égalité de bilan avec le Soudan du Sud. La Guinée demeure également dans la course, tandis que la Tunisie et le Nigeria restent à l’affût. Mais attention : les résultats du premier tour sont comptabilisés dans le classement du deuxième tour. Il faudra donc éviter de perdre des points précieux lors de la dernière fenêtre.
Cinq tickets, mais aucune marge pour les erreurs
Le scénario est clair : les deux premiers de chaque groupe et le meilleur troisième décrocheront leur billet pour la Coupe du monde 2027 au Qatar. Le Cameroun possède donc une position enviable, mais pas encore une qualification. Et c’est peut-être là que réside le principal enseignement de cette fenêtre : avoir des joueurs capables de jouer en NBA ne suffit pas.
Yves Missi a montré son importance, mais une équipe nationale ne peut pas dépendre d’un seul joueur. La solidité collective, la régularité et la capacité à gérer les moments difficiles seront déterminantes lors de la dernière trêve. Le rêve camerounais est donc accessible. Mais il faudra désormais prouver que cette équipe peut répondre présente lorsque la pression sera maximale.
À Dakar, la RDC revient de loin
Dans le groupe F, la République démocratique du Congo a connu une fenêtre beaucoup plus difficile. Les Léopards ont commencé par deux lourdes défaites : 32 points d’écart contre l’Angola, puis 35 points face au Mali. Ils ont toutefois trouvé les ressources pour terminer sur une note positive contre l’Égypte.
Alors que les deux équipes étaient à 75-75 dans les dernières secondes, Matthew Kamba a surgi pour offrir à la RDC une victoire spectaculaire 77-75. Un succès qui ne gomme pas les deux lourdes défaites, mais qui peut permettre aux Congolais de conserver un minimum d’espoir.
La Côte d’Ivoire stoppée par l’Angola
La Côte d’Ivoire, elle, avait pourtant retrouvé des couleurs. Les victoires contre le Mali puis l’Égypte avaient relancé les Éléphants. Mais l’Angola a rappelé pourquoi elle reste l’une des références du basket africain.
Les champions d’Afrique ont largement dominé la rencontre 91-70, profitant notamment d’une prestation remarquée d’Agunwa. Pour les Ivoiriens, le constat est donc mitigé : l’équipe semble capable de battre des concurrents directs, mais elle doit encore franchir un cap contre les sélections les plus solides.
Sénégal : le réveil après l’alerte égyptienne
Le Sénégal a également connu un scénario particulier. Battus d’entrée par l’Égypte, les Lions avaient laissé filer une occasion importante de prendre de l’avance au classement. Mais ils ont ensuite réagi avec autorité face à l’Angola et au Mali.
Contre le Mali, le Sénégal a terminé sur un véritable feu d’artifice : 97-71.
Bruno Kobadio a une nouvelle fois illuminé la rencontre avec 22 points, mais Jean-Jacques Boissy a également frappé fort. Sorti du banc, il a inscrit 26 points, devenant le meilleur marqueur de la rencontre.
Une profondeur offensive qui pourrait être précieuse lors de la dernière fenêtre. Le Mali doit-il commencer à s’inquiéter ? Le cas malien mérite également l’attention. Finaliste du dernier AfroBasket, le Mali se retrouve actuellement hors des places qualificatives après deux défaites en trois rencontres lors de cette fenêtre.
La défaite contre le Sénégal a été particulièrement lourde, tandis que le revers face à la Côte d’Ivoire a également compliqué la situation. Le Mali possède encore des arguments, notamment un mélange entre joueurs expérimentés et jeunes talents. Mais le temps presse. Une équipe qui a joué la finale du dernier AfroBasket peut-elle réellement manquer la Coupe du monde ?
C’est désormais l’une des grandes interrogations de cette fin de campagne. Cette avant-dernière fenêtre aura finalement livré un constat plutôt encourageant pour le Cameroun : les Lions sont toujours en tête du groupe E et restent maîtres de leur destin.
Mais la défaite contre la Guinée rappelle que rien n’est acquis. Avec Yves Missi et d’autres joueurs capables d’évoluer au plus haut niveau, le Cameroun possède des arguments. Reste maintenant à les transformer en constance et en résultats.
La dernière fenêtre sera donc bien plus qu’une simple série de matchs. Elle pourrait décider si le basket camerounais écrira enfin une nouvelle page de son histoire avec une première qualification pour une Coupe du monde. Alors, le Cameroun a-t-il réellement les moyens d’aller au Qatar ? Ou la défaite contre la Guinée révèle-t-elle encore des failles trop importantes ?


