Le projet d’une Coupe d’Afrique des nations organisée tous les quatre ans est remis en cause. Après avoir envisagé une nouvelle périodicité pour sa compétition majeure, la CAF revient au principe d’une CAN disputée tous les deux ans. Ce choix maintient le rythme qui a durablement installé le tournoi parmi les principaux rendez-vous du football africain.
Cette évolution intervient dans le cadre de la conférence stratégique organisée du 7 au 9 octobre 2026 à Santa Maria, sur l’île de Sal, au Cap-Vert, sous la conduite du président de la CAF, Patrice Motsepe. La rencontre rassemble les dirigeants des associations membres, des sélectionneurs et des experts autour des perspectives de développement du football africain.
La réforme des quatre ans annoncée en décembre 2025
En décembre 2025, Patrice Motsepe avait annoncé une réforme majeure de la périodicité de la CAN. Le projet prévoyait de passer à une organisation tous les quatre ans après les éditions programmées en 2027 et 2028.
Cette orientation répondait notamment à la volonté de mieux harmoniser le calendrier des sélections africaines avec celui des compétitions internationales et des clubs. La tenue de la CAN pendant la saison européenne entraîne régulièrement des difficultés liées à la libération des joueurs internationaux par leurs clubs.
Pour compenser la diminution de la fréquence de la compétition, la CAF avait également annoncé la création d’une Ligue des nations africaine à partir de 2029. Cette nouvelle épreuve devait permettre aux sélections nationales de conserver des rendez-vous réguliers tout en réorganisant le calendrier continental.
Les enjeux économiques au cœur du débat
Le passage à une CAN quadriennale soulevait également des interrogations économiques. La compétition constitue une source importante de revenus pour la CAF, grâce notamment aux droits audiovisuels, aux partenariats commerciaux et aux recettes associées à son organisation.
la CAN représentait environ 80 % des revenus de la CAF au moment de l’annonce de la réforme en décembre 2025. La réduction de la fréquence du tournoi impliquait donc de réfléchir à d’autres mécanismes pour maintenir les ressources de l’instance continentale.
Le maintien d’une CAN tous les deux ans permet de préserver la régularité de cette vitrine du football africain. La possibilité de faire appel à plusieurs pays coorganisateurs peut également contribuer à répartir les dépenses liées à l’accueil des délégations, à la sécurité, aux infrastructures et à la logistique. Les modalités précises de cette éventuelle organisation conjointe restent à détailler.
Santa Maria, au centre des orientations du football africain
La conférence stratégique du Cap-Vert s’inscrit dans une réflexion plus large sur le développement et la durabilité du football africain. Les discussions portent notamment sur les performances des sélections au Mondial 2026, la formation, les infrastructures et les moyens d’améliorer la compétitivité des équipes nationales.
La périodicité de la CAN représente un enjeu particulier dans cette réflexion. Elle touche directement les fédérations, les joueurs, les clubs, les diffuseurs et les supporters, dont les intérêts ne coïncident pas toujours. Le maintien du cycle biennal signifie que la CAF devra poursuivre ses efforts pour concilier la place historique du tournoi, les exigences du calendrier international et les impératifs financiers liés à son organisation.
Le débat sur la périodicité de la CAN illustre les difficultés auxquelles la CAF est confrontée pour organiser le football africain. Entre les contraintes imposées par le calendrier international et les ressources générées par la compétition, l’instance doit trouver un équilibre durable.
Le retour au rythme de deux ans maintiendrait la CAN au centre du calendrier du football africain. Reste à connaître les modalités précises de mise en œuvre de cette orientation et les dispositions que la CAF retiendra pour assurer la viabilité économique des prochaines éditions.



