Selon la Commission d’Éthique et de Discipline de la Fédération de Football du Burundi (FFB), la corruption commence dès qu’une rencontre est programmée sur 1X Bet, une plateforme de paris en ligne. « Des agents extérieurs identifiés comme Kényans, Russes et Américains entrent en contact avec des joueurs via des intermédiaires locaux, leur offrant des sommes d’argent pour influencer le résultat des matchs ».
Les personnes concernées sont MWAMBA Mwanza Gloire, NZOYISABA Epimaque, NTAHOTURI Hussein, JUMAPILI Jafari, SHABAN Ramadhan, MASUMBUKO Jules, HAKIZIMANA Khévin et MOUSSA Mossi. Ils sont accusés d’avoir participé à des actes de trucage de matchs dans le Championnat Primus League 2024-2025. Conformément à l’article 39 du Code de Discipline et d’Éthique de la F.F.B, ces joueurs et officiels sont interdits d’exercer toute activité liée au football pour une durée de cinq ans. Ils doivent également s’acquitter d’une amende de 10 millions de francs burundais chacun (environ 3 095 euros).
Selon les médias locaux, Epimaque Nzoyisaba, gardien de Deira Academy, a révélé lors de son interrogatoire qu’il recevait directement des instructions et des paiements d’un individu surnommé « Ninja Américain ». Pour truquer un match contre Vital’o, il aurait perçu 8 millions de francs burundais (environ 2 476 euros), avant de redistribuer 830 000 francs (256 euros) à chacun de ses coéquipiers impliqués.
Un autre cas avorté concernait une proposition de 20 millions de francs burundais (6 190 euros) pour perdre un match sur un score fleuve de 6-0 contre Olympic Star, une offre refusée par les joueurs. Face à ces révélations, la FFB a pris des mesures drastiques. Outre les suspensions de cinq ans, les accusés doivent s’acquitter de leur amende avant le 10 mai 2025 sous peine d’une interdiction à vie d’exercer toute activité liée au football. Une décision saluée par Alexandre Muyenge, président de la Fédération, qui alerte sur l’ampleur du phénomène : « Le trucage des matchs est une maladie qui touche joueurs, entraîneurs et dirigeants. Nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard. »
Cependant, des interrogations persistent quant à l’implication de plateformes de paris comme 1X Bet. Bien que partenaire officiel de la FFB, son rôle dans ce système soulève des doutes, d’autant plus que d’autres bookmakers ont également signalé des anomalies. Selon des sources internes, la FIFA aurait alerté la FFB sur des matchs suspects, déclenchant ainsi l’enquête.
Plusieurs clubs avaient déjà exprimé des inquiétudes face aux performances incohérentes de leurs joueurs. Un président de club, sous couvert d’anonymat, s’est confié chez nos confrères de nouvelle Aube : « Nous investissons pour que nos équipes performent, mais certains joueurs ont d’autres intérêts. Ils trahissent leur propre équipe pour de l’argent. » Si Deira Academy est au cœur du scandale, d’autres clubs pourraient être touchés. Alexandre Muyenge affirme que « tous les clubs de Ligue A sont concernés à différents degrés », illustrant l’ampleur du problème.
Un combat à poursuivre
Plusieurs analystes sportifs pensent que, ce scandale met en lumière les failles du système et la difficulté de lutter contre un réseau international bien organisé. Au-delà des sanctions, la fédération doit renforcer les contrôles et sensibiliser les acteurs du football à l’importance de préserver l’intégrité du jeu. Comme le rappelle le président de la FFB : « Dans le sport, la défaite est normale, mais elle doit être honnête. Nous devons mettre fin à ce fléau avant qu’il ne détruise notre football. »
Pour rappel, un match truqué ou arrangé est une compétition sportive ou ludique dont l’issue a été fixée à l’avance ou manipulée par tout ou une partie des protagonistes. La raison la plus courante d’un match truqué est le gain financier qui peut être obtenu grâce aux paris. Lorsque le résultat d’un match est déterminé avant qu’il ne commence, les personnes impliquées dans le trucage peuvent gagner beaucoup d’argent en plaçant les paris appropriés. Le marché des paris (légaux et illégaux) est énorme et génère à l’échelle mondiale plus d’un milliard de dollars par an.
Le trucage des matchs n’est pas uniquement un problème local ; c’est une menace qui touche l’ensemble du sport mondial. Le Burundi, à travers les efforts de la FFB et de ses acteurs, veut s’engager envers un football propre et transparent.


