La décision, rendue publique, fait suite à un incident survenu lors du match des éliminatoires du Mondial 2026 entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Sénégal. Selon la Commission de discipline, Abdoulaye Sow a été reconnu coupable d’un écart de comportement contraire aux règles de fair-play, en violation de l’article 13 du Code disciplinaire de la FIFA. En conséquence, il écope d’une suspension de deux matchs et d’une amende de 5 000 dollars américains, soit environ 2,8 millions de francs CFA.
Cette décision intervient dans un contexte de forte tension. Le match disputé à Kinshasa entre les Lions du Sénégal et les Léopards de la RDC s’était en effet déroulé dans des conditions jugées hostiles à la délégation sénégalaise. Des incidents avaient éclaté dans les tribunes, suscitant des inquiétudes sur la sécurité des joueurs et du staff. Malgré la victoire du Sénégal, ces événements ont conduit la FIFA à ouvrir une procédure disciplinaire. Plusieurs observateurs estiment néanmoins que la sanction infligée à Abdoulaye Sow reste difficile à comprendre.
D’autant plus qu’aucune mesure n’a encore été annoncée à l’encontre de la Fédération congolaise de football, alors que des dégradations avaient été constatées dans le stade. À ce jour, le dossier de la RDC demeure en examen au sein de la FIFA. Pour le Sénégal, cette sanction tombe à un moment crucial. Les Lions, poursuivent leur parcours vers la Coupe du monde 2026 et comptent sur la stabilité de leurs instances dirigeantes. L’absence temporaire d’Abdoulaye Sow, connu pour son rôle actif dans la gestion du football sénégalais, pourrait avoir un impact administratif sur les prochaines échéances.
Rigueur disciplinaire
Abdoulaye Sow, par ailleurs vice-président de la Fédération sénégalaise de football, occupe une place centrale dans l’organisation sportive du pays. Son engagement pour la promotion du football africain lui a valu d’être nommé au sein de la Commission de développement de la FIFA, une instance stratégique chargée de suivre les programmes de soutien aux fédérations. Sa suspension, bien que limitée dans le temps, envoie un signal fort sur la rigueur disciplinaire que l’instance mondiale entend imposer dans le cadre des éliminatoires.
Cette affaire relance par ailleurs le débat sur l’équité dans le traitement des sanctions en Afrique. Plusieurs analystes soulignent que les conditions dans lesquelles les rencontres se déroulent sur le continent méritent une attention particulière, notamment en matière de sécurité, d’arbitrage et de respect des normes internationales. La FIFA, de son côté, affirme vouloir maintenir une politique disciplinaire fondée sur la responsabilité individuelle et collective des acteurs du football. L’article 13 du Code disciplinaire stipule clairement que tout comportement portant atteinte à la dignité ou à la réputation du football peut être sanctionné, indépendamment du résultat du match concerné.
En attendant la clôture du dossier congolais, le Sénégal devra composer sans l’un de ses principaux responsables lors des deux prochaines rencontres qualificatives. Une situation que la Fédération sénégalaise de football prend avec prudence, tout en réaffirmant son attachement au respect des décisions de la FIFA.


