En amont de cette saison exigeante, l’encadrement technique a mis en place un stage de préparation intensif à Ouagadougou, sous la direction de Rabaki Jérémie Ouédraogo, entraîneur national. Pendant plusieurs semaines, les coureurs ont été soumis à un programme rigoureux, mêlant travail d’endurance, de vitesse, de relais et de stratégie de course.
On a travaillé sur des intensités cibles par intervalles, entrecoupées de phases de récupération ou de contre-efforts. On a aussi insisté sur les jeux de course, les attaques et le travail collectif », explique le sélectionneur.
Le défi est de taille : élever la vitesse moyenne des cyclistes burkinabè pour les rendre compétitifs face à une concurrence de plus en plus affûtée. « Aujourd’hui, on ne gagne plus un tour africain à 38 ou 39 km/h. Il faut dépasser les 41 km/h si on veut jouer dans la cour des grands », ajoute Martin Sawadogo, directeur technique national de la FBC. La saison 2025 s’annonce particulièrement chargée pour les Étalons cyclistes, avec une série de compétitions réparties sur plusieurs pays africains.
Le 6 avril dernier, trois clubs burkinabè, Makafa de Banfora, AS Bessel et AJCK, ont pris part à la première édition du Grand Prix ORTM, une épreuve organisée dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES), à Bamako. Cette compétition a marqué une entrée en matière prometteuse, avec une belle deuxième place décrochée par Nassirou Sorgho (AS Bessel), juste derrière le Malien Daouda Djiiré.
Par ailleurs, du 13 au 20 avril, les Étalons participent au Tour cycliste international du Mali, avant d’enchaîner avec le Tour cycliste international du Bénin, prévu du 28 avril au 3 mai. Deux jours plus tard, le 4 mai, ils seront attendus sur la ligne de départ du Grand Prix cycliste de Cotonou, qui sera précédé le 3 mai par une épreuve féminine.
Cette batterie de compétitions exige une organisation millimétrée, d’où la nécessité d’un stage bien préparé. L’objectif est clair : nous voulons gagner des étapes, ramener des maillots de leader, et pourquoi pas, viser les classements généraux », précise Martin Sawadogo.
Une stratégie
Au-delà des performances sportives, c’est toute une stratégie nationale de développement du cyclisme que met en place la FBC. Cela passe par la détection des jeunes talents, le renforcement du staff technique, l’amélioration des conditions de préparation et la participation à des compétitions de plus en plus relevées sur le continent. Le Burkina Faso veut s’imposer comme une nation incontournable du cyclisme africain.
L’enjeu est également politique et symbolique. Dans un contexte où les pays du Sahel cherchent à renforcer leur visibilité et leur coopération régionale à travers des initiatives communes, le sport devient un outil de soft power. La participation active aux compétitions organisées dans l’espace AES traduit cette volonté d’affirmation et de solidarité régionale. Pour les coureurs burkinabè, l’heure est venue de passer à l’action.
Après des semaines de préparation, de sacrifices et d’efforts, ils sont désormais attendus sur le terrain, face à des adversaires de plus en plus coriaces. Mais les ambitions sont à la hauteur des défis. « Nous n’y allons pas pour accompagner. Nous voulons marquer notre présence, faire entendre l’hymne du Faso sur les podiums et prouver que nous avons notre place parmi les meilleures équipes africaines », affirme avec détermination un membre du staff technique.
Avec une jeunesse motivée, un encadrement renforcé et un programme de compétition ambitieux, les Étalons cyclistes veulent transformer 2025 en une année de consécration. Et plus encore, faire du Burkina Faso une référence du cyclisme en Afrique de l’Ouest.


