À trois ans de l’échéance olympique, le profil de Combé Seck retient l’attention. L’athlète évolue sur le 200 mètres, une distance explosive où les écarts restent réduits et où la marge de progression peut rapidement se transformer en résultat. Depuis juillet 2024, la Sénégalaise a amélioré son chrono de plus de 8s. Un bond significatif qui la rapproche de l’objectif qu’elle s’est fixé, descendre à 44 secondes, un temps régulièrement observé chez les finalistes des grandes compétitions internationales. Cette ambition repose sur des données concrètes. Médaillée d’or par équipes aux Championnats de France en 2023, souvent présente aux portes des finales lors des manches de Coupe du monde, Combé Seck estime avoir franchi un cap grâce aux stages effectués à l’étranger.
L’exposition à la concurrence internationale lui a permis de corriger ses lacunes techniques et de mieux gérer les phases de course. À l’inverse, les périodes prolongées d’entraînement au Sénégal ont freiné cette dynamique, faute de conditions adaptées. Dans un pays privé de médaille olympique depuis l’argent d’Elhadj Amadou Dia Ba en 1988, la trajectoire de Combé Seck apparaît comme une opportunité rare. Le canoë-kayak offre un champ d’expression moins saturé que d’autres disciplines, ce qui renforce la crédibilité de son projet olympique. Toutefois, cette ambition se heurte à des contraintes structurelles persistantes. Bénéficiaire d’une demi-bourse olympique de 500 dollars, la céiste sénégalaise ne parvient plus à enchaîner les stages de perfectionnement en France ou en Espagne, où se concentrent les meilleures infrastructures.
Les conditions locales compliquent également la préparation. Les vents forts et l’état de la mer limitent l’entraînement sur l’eau, obligeant l’athlète à privilégier le travail en salle. Une situation peu compatible avec les exigences techniques du haut niveau. À cela s’ajoute l’absence de son entraîneur principal, Ousmane Fall, désormais basé en France. Combé Seck s’entraîne aujourd’hui sans encadrement technique permanent, un déficit important à ce stade de sa carrière. C’est dans ce contexte que sa performance aux Championnats d’Afrique de course en ligne prend toute sa dimension. Le 30 novembre dernier à Luanda, en Angola, Combé Seck a remporté la médaille d’or en kayak monoplace 200 mètres, s’imposant en 49 secondes 15. La veille, elle avait déjà décroché l’argent en canoë biplace 500 mètres avec Mame Thiané Diarra. Deux podiums qui confirment son statut de leader continental et traduisent la régularité de ses performances.
Au-delà du résultat individuel, le Sénégal a également enregistré des performances encourageantes dans les catégories féminines. Le duo Sandrine Diaz et Mame Thiané Diarra s’est illustré en U23, tandis que Mame Thiané Diarra a décroché une médaille d’argent en juniors. Ces résultats traduisent une progression collective, malgré des moyens limités. Combé Seck incarne aujourd’hui cette dynamique. Son ambition olympique est clairement identifiée, son potentiel est reconnu, ses besoins sont connus. À l’approche de Los Angeles 2028, la question n’est plus celle du talent, mais celle de l’accompagnement. Le soutien de la Fédération, du Comité olympique sénégalais et du ministère des Sports pourrait déterminer si cet espoir se transforme, ou non, en résultat historique.


