Patrice Motsepe n’a éludé aucun sujet. Interrogé sur son soutien à Gianni Infantino dans un contexte marqué par plusieurs polémiques autour de la Coupe du monde 2026, le président de la CAF a affiché une position sans ambiguïté. Selon lui, le patron de la FIFA demeure un partenaire essentiel pour le développement du football africain.
Le dirigeant sud-africain en a profité pour rappeler les progrès réalisés sous sa présidence, notamment en matière de football féminin, avec une augmentation spectaculaire des dotations financières de la Coupe d’Afrique des nations féminine (CAN féminine). Il a également insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer ses alliances avec les autres confédérations afin de poursuivre sa progression sur la scène mondiale.
« Gianni Infantino a été loyal envers l’Afrique »
Face aux journalistes, Patrice Motsepe a défendu avec conviction le président de la FIFA.
« Gianni Infantino a été loyal envers l’Afrique. Il a été loyal envers moi. L’Afrique a besoin d’un président de la FIFA aussi engagé pour son développement que Gianni Infantino. »
Pour Motsepe, l’une des plus grandes avancées obtenues ces dernières années reste l’augmentation du nombre de sélections africaines qualifiées pour la Coupe du monde, une réforme qu’il attribue en partie au soutien de la FIFA.
Le président de la CAF estime que le continent doit continuer à bâtir des partenariats solides avec les autres confédérations.
« Nous devons être intelligents en Afrique. Nous avons besoin de partenaires. Nous devons travailler avec l’UEFA, la CONMEBOL, l’Asie, la CONCACAF et l’Océanie pour faire grandir notre football. »
Une révolution financière pour la CAN féminine
Au cours de son intervention, Patrice Motsepe a annoncé une décision historique en faveur du football féminin africain. La prime réservée au vainqueur de la CAN féminine est désormais portée à 2 millions de dollars, contre 1 million de dollars lors de la précédente édition et seulement 200 000 dollars avant son arrivée à la présidence de la CAF.
« Aujourd’hui est un jour historique pour le football africain. La prime du vainqueur de la CAN féminine sera désormais de 2 millions de dollars. »
Le président de la CAF a rappelé que cette récompense a connu une progression de 900 % depuis le début de son mandat. Dans le même temps, l’enveloppe globale consacrée à la compétition féminine est passée de 975 000 dollars à près de 6 millions de dollars, soit une augmentation de 495 %.
Pour Patrice Motsepe, ces chiffres démontrent que les engagements de la CAF ne se limitent pas à des discours.
« Vous pouvez faire toutes les promesses que vous voulez. Si elles ne sont pas visibles, quantifiables et concrètes, elles n’ont aucun sens. »
Il a assuré que la CAF poursuivra ses investissements afin d’offrir aux joueuses africaines des conditions de compétition toujours plus attractives.
La CAF mise sur la coopération internationale
Patrice Motsepe a révélé que la CAF entretient désormais des relations étroites avec l’ensemble des grandes confédérations mondiales afin d’échanger les bonnes pratiques et d’accélérer le développement du football africain.
Selon lui, ces collaborations permettront d’améliorer les compétitions africaines, la formation des arbitres, des entraîneurs et des dirigeants, tout en renforçant la place du continent dans les grandes décisions du football mondial.
Il a également confirmé que la prochaine Assemblée générale ordinaire de la CAF se tiendra en novembre à Abuja, au Nigeria, un pays qu’il considère comme l’une des grandes nations du football africain.
L’indépendance des organes judiciaires défendue
Interrogé sur les controverses ayant entouré certaines décisions de la FIFA pendant la Coupe du monde, notamment le dossier de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, Motsepe a préféré rappeler un principe fondamental de gouvernance.
« Les organes judiciaires de la FIFA sont indépendants. À la CAF aussi, ils prennent parfois des décisions que je n’aime pas, mais je dois les respecter. Leur indépendance est essentielle. »
Le président de la CAF estime que les responsables des commissions judiciaires doivent agir sans pression, quelle qu’elle soit, afin de préserver la crédibilité des compétitions.
« La perception du public est essentielle »
Au-delà des décisions institutionnelles, Patrice Motsepe a insisté sur un enjeu majeur : la confiance des supporters.
« La perception du public est essentielle. Peu importe ce que nous faisons, ce qui compte aussi, c’est la manière dont les supporters perçoivent nos décisions. »
Selon lui, la crédibilité des institutions du football dépend autant de leurs actions que de la confiance qu’elles inspirent.
Avant de conclure sa conférence de presse, Patrice Motsepe a annoncé qu’il se rendrait aux obsèques de Jayden Adams afin de présenter personnellement ses condoléances à sa famille.
« Nous avons la capacité de faire de grandes choses ensemble et de faire du football africain l’un des meilleurs au monde. »
À travers cette prise de parole, Patrice Motsepe a une nouvelle fois exposé les priorités de son mandat : renforcer les partenariats internationaux, consolider les liens avec la FIFA, préserver l’indépendance des institutions et investir davantage dans le football féminin. En portant à 2 millions de dollars la prime du vainqueur de la CAN féminine et en réaffirmant son soutien à Gianni Infantino, le président de la CAF entend poursuivre sa stratégie de modernisation afin de faire du football africain une référence sur la scène mondiale.


