Après le fiasco de la CAN 2023, éliminée en huitième de finale par le Nigeria, l’équipe nationale de football du Cameroun qui s’est montrée fébrile en défense, peu inspirée au milieu et inoffensive en attaque mérite bien une reconstruction de fond en comble. En commençant par le poste de sélectionneur. Avec un bilan catastrophique de six victoires, huit nuls, neuf défaites, 13 buts marqués et 24 buts encaissés en 23 matchs, Rigobert Song Bahanag ne peut plus être l’homme de la situation.
Maintenant que la présidence de la République a repris la main sur le dossier de la nomination de l’entraîneur des Lions, au détriment de la Fécafoot, il revient à la commission qui enquête en ce moment sur les débâcles du Cameroun au Mondial qatari et à la Can en Côte d’ivoire de faire des propositions concrètes au ministre en charge des Sports. La commission que chapeaute le Pr Séraphin Magloire Fouda, au niveau de la Primature, doit, entre autres, trouver le futur patron technique des Lions indomptables. Cet exercice est d’autant plus facile que le contrat de Rigobert Song s’achève ce 28 février 2024.
A courts terme, en défense, le futur sélectionneur des Lions indomptables devra trouver un complément idéal à Christopher Wooh en charnière centrale. Enzo Ebosse aurait pu être ce joueur-là, comme face au Brésil lors de la Coupe du monde au Qatar, mais le défenseur de l’Udinese souffre des blessures à répétition. La paire Wooh/Castelllotto reste le meilleur risque. Oumar Gonzalez et Harold Moukoudi sont encore loin du bon niveau international.
Le pouvoir aux binationaux
Si le Franco-camerounais Sacha Boey (Bayern Munich) a clairement affiché ses ambitions de vouloir jouer avec l’équipe fanion de France, le poste de latéral droit n’est pas le plus mal fourni chez les Lions. Les jeunes Junior Tchamadeu (Stoke City), Jackson Tchatchoua (Hellas Vérone) et surtout Enzo Tchato (Montpellier), sont assez prometteurs.
À gauche de la défense, Nouhou Tolo, malgré ses carences offensives, déçoit peu. Les performances récentes de Darlin Yongwa (Lorient FC) ont démontré qu’il peut être un joueur d’avenir. Le jeune Aboubakar Naguida ne cesse de flamber à Rennes. En charnière centrale, l’une des pistes à explorer pourrait conduire à convaincre le Franco-Cameroun Billy Koumetio, le défenseur central de Liverpool en prêt à Blackburn Rovers. Mieux, les autorités en charge du football camerounais doivent mettre tout en œuvre pour attirer le Germano-Camerounais Yann Aurel Bisseck (Inter Milan) dans la tanière des Lions.
Par ailleurs, le niveau du championnat d’élite local étant très faible, cela va nécessiter un gros travail de détection et de persuasion chez les binationaux. Notamment au milieu, où il faut trouver des joueurs capables d’apporter la créativité et l’animation offensive sur les côtés. Les négociations ayant déjà été entamées avec le Franco-camerounais Dina Ebimbe (Eintracht Francfort), il devrait se laisser convaincre, à condition de lui présenter un projet sportif cohérent à ses ambitions.
Toujours chez les binationaux, le Franco-Camerounais Lucien Agoumé, qui appartient à l’Inter Milan, mais prêté au FC Séville, peut être l’une des solutions. Le natif de Yaoundé, le 9 avril 2002, n’a jamais fermé totalement la porte au Cameroun. Un autre Franco-Camerounais, Brandon Soppy, au profil rare, qui évolue au poste de piston, à Schalke 04, en prêt à l’Atalanta Bergame, peut beaucoup apporter aux Lions en termes d’animation offensive.
Avec la retraite internationale de Toko Ekambi et aux vues de l’âge avancé de Vincent Aboubakar (32 ans) et Choupo-Moting (34 ans), un vent de fraîcheur s’invite également dans ce secteur. Comme avec les autres binationaux, précédemment cités, il faut persuader l’anglo-camerounais Daniel Namaso du FC Porto de rejoindre les Lions indomptables. Tout comme le Franco-Camerounais Hugo Ekitike qui, après un échec au PSG, renaît à l’Eintracht Francfort. Un vaste chantier.


