C’est un départ qui marque un tournant. Formé au FC Mulhouse puis façonné par le RC Strasbourg, Habib Diarra quitte la Ligue 1 pour rejoindre Sunderland, tout juste promu en Premier League. L’opération, rendue publique par Fabrizio Romano et confirmée par L’Équipe, s’élève à 35,5 millions d’euros, bonus compris. Avec ce montant, il devient non seulement la vente la plus chère de l’histoire de Strasbourg, mais aussi la recrue la plus chère du club anglais. Une ascension spectaculaire pour le jeune international sénégalais, qui portait encore le brassard de capitaine à Strasbourg il y a quelques mois. À son âge, peu de joueurs peuvent se targuer d’un tel parcours.
Ce contrat de cinq ans avec Sunderland, est la reconnaissance de sa régularité et de son potentiel. Diarra était évalué à 20 millions d’euros sur Transfermarkt. Le voilà vendu pour près du double. Dans le monde impitoyable des transferts, peu de jeunes joueurs atteignent ce seuil. Et encore moins en tant que milieux de terrain box-to-box, un poste exigeant où l’on doit briller des deux côtés du terrain. Diarra, lui, y a imposé son style : une présence physique, une capacité à presser, créer, et marquer. En 102 matchs avec Strasbourg, il a inscrit 11 buts et offert 10 passes décisives.
Son nom s’ajoute désormais à une courte liste. Kalidou Koulibaly, Sadio Mané, Nicolas Jackson, Abdou Diallo et désormais Habib Diarra. Tous ont franchi la barre des 32 millions d’euros. Le milieu sénégalais occupe aujourd’hui la quatrième position dans ce classement prestigieux, juste derrière Jackson (37 M€), Mané (41,2 M€) et Koulibaly (41,9 M€). Une performance d’autant plus remarquable qu’il n’avait encore jamais quitté le championnat français. Avec cette première aventure à l’étranger, il rejoint un cercle de joueurs sénégalais dont l’impact dépasse les terrains.
Sunderland, un choix de projet
Le choix de Sunderland n’était pas évident. Diarra était courtisé. En Angleterre, Leeds United, Aston Villa et Chelsea avaient manifesté leur intérêt. L’Atletico Madrid, en Espagne, avait aussi suivi son profil. Mais c’est le projet proposé par le promu anglais qui l’a séduit. Objectif, construire une équipe compétitive en Premier League, et faire de Diarra un élément central du dispositif. Avec ce transfert, Sunderland bat tous ses records. Avant lui, Enzo Le Fée, Didier Ndong ou encore Asamoah Gyan avaient marqué les annales du club. Diarra les devance tous. Un symbole fort pour un club en pleine reconstruction.
Le football sénégalais a vu émerger de nombreuses étoiles. Kalidou Koulibaly, roc défensif, a été le plus cher. Sadio Mané, figure offensive majeure, a conquis l’Europe. Nicolas Jackson a confirmé la tendance. Habib Diarra représente une nouvelle génération : ambitieuse, formée en Europe, technique et endurante. À travers lui, c’est tout le savoir-faire des centres de formation européens qui s’illustre. Strasbourg, grâce à une clause de revente, pourra encore profiter d’une éventuelle montée en valeur. Car l’histoire de Diarra ne fait que commencer.
Premiers pas hors de France
Habib Diarra s’apprête à vivre sa première expérience hors de l’Hexagone. Né à Guédiawaye, formé à Mulhouse, il a gravi les échelons avec patience et mérite. Son profil « box-to-box » séduit autant qu’il intrigue. Capable de récupérer des ballons, d’organiser le jeu et d’être décisif dans les 30 derniers mètres, il est ce que les entraîneurs appellent un joueur complet. Sunderland le sait. Le club a besoin de renforcer son milieu depuis le départ de Jobe Bellingham. Diarra apparaît comme la pièce manquante d’un puzzle que l’équipe anglaise veut recomposer pour durer dans l’élite.
Déjà international sénégalais, avec 11 sélections et 4 buts, Habib Diarra incarne la relève des Lions de la Teranga. Il marche dans les pas des figures qui ont fait rayonner le pays. Mais avec un style bien à lui : moins flamboyant que Mané, plus constant que Jackson, plus dynamique que Diallo. Le Sénégal compte sur lui. Dans un effectif en pleine mutation, où les jeunes prennent progressivement le relais des anciens, Diarra pourrait bien devenir le nouveau patron du milieu dans les prochaines années.
S’il réussit son intégration en Angleterre, Habib Diarra a tout pour devenir une référence. Son profil, son âge, sa marge de progression, son expérience déjà riche à Strasbourg : tout indique qu’il est au début d’un cycle prometteur. Mais comme souvent dans le haut niveau, il ne suffira pas d’être prometteur. Il faudra confirmer, résister à la pression, s’adapter au rythme et convaincre dans l’un des championnats les plus exigeants du monde.


