Le stade des Martyrs se prépare à vivre une soirée décisive pour l’histoire du football congolais. Les Léopards, deuxièmes du groupe B avec 19 points, ne dépendent pas uniquement d’eux-mêmes. Malgré leur victoire précieuse au Togo vendredi dernier (0-1), ils restent sous la menace du Sénégal, leader avec une meilleure différence de buts. Le scénario idéal pour les Congolais consisterait à battre le Soudan et à espérer un faux pas du Sénégal sur la pelouse de la Mauritanie.
La RDC aborde cette dernière journée avec six victoires, un nul et deux défaites, dont l’une face au Soudan à l’aller (1-0). Les hommes de Desabre n’ont donc pas le droit à l’erreur s’ils veulent conjurer le souvenir de cette défaite et s’offrir un ticket direct pour les États-Unis, le Canada et le Mexique, pays hôtes du Mondial 2026. La mission s’annonce ardue, mais le rêve reste possible. La victoire est impérative. Si la RDC bat le Soudan et que le Sénégal s’incline contre la Mauritanie, elle décroche sa qualification directe.
En revanche, si les Lions de la Teranga font match nul, les Congolais devront s’imposer avec au moins huit buts d’écart pour renverser la différence de buts (+15 pour le Sénégal contre +8 pour la RDC). Tout autre scénario reléguerait les Léopards à la deuxième place, synonyme de barrage intercontinental.
Une qualification historique à portée de main
Pour la RDC, la perspective d’un retour en Coupe du monde ravive des souvenirs. En 1974, sous le nom de Zaïre, elle devenait la première nation d’Afrique subsaharienne à se hisser en phase finale du tournoi. Un exploit resté unique dans l’histoire du football congolais. Depuis, les générations se sont succédé sans parvenir à reproduire cet accomplissement. En 2025, cette attente de plus d’un demi-siècle pourrait enfin prendre fin. Le parcours des Léopards dans ces éliminatoires témoigne d’une montée en puissance. La solidité retrouvée du collectif, conjuguée à la rigueur tactique, a permis à la sélection de rester dans la course jusqu’au bout.
Mais la tâche ne sera pas aisée. Le Soudan, troisième du groupe, n’a plus rien à perdre et voudra terminer sur une note positive. Les Congolais devront composer sans deux de leurs éléments clés, Cédric Bakambu et Noah Sadiki, absents pour ce rendez-vous crucial. Ces forfaits viennent bouleverser les plans du sélectionneur français, contraint de repenser son dispositif offensif et son animation au milieu. L’absence de Bakambu, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, prive la RDC de son principal atout offensif. Sadiki, blessé à la cheville, manquera également à l’appel. Le milieu de terrain de 20 ans, considéré comme l’un des plus prometteurs de sa génération, a reçu le soutien de la Fédération congolaise de football (FECOFA), qui lui a souhaité un prompt rétablissement.
Le public congolais garde espoir. Dans la capitale, les rues de Kinshasa vibrent déjà aux couleurs des Léopards. L’attente est immense, la tension palpable. Pour beaucoup, cette équipe symbolise le renouveau d’un football longtemps freiné par l’instabilité et les doutes. Une qualification pour le Mondial serait bien plus qu’un exploit sportif : ce serait une fierté nationale retrouvée.


