Les Lions indomptables du Cameroun seront dans la tanière en septembre prochain dans le cadre des éliminatoires de la Can Maroc 2025. Sauf que depuis le 17 août dernier, les observateurs craignent une nouvelle « guerre » entre la Fécafoot et sa tutelle le ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep). Pour cause, une interview accordée au journaliste belge Yves Taildeman par Marc Brys et publiée sur Dhnet.be/sports est venue mettre le feu aux poudres. Pourtant l’ombre qui planait sur la sélection nationale camerounaise semblait se dissiper depuis les succès face au Cap Vert à Yaoundé (4-1) et face à l’Angola à Luanda (1-1), lors de la troisième et quatrième journée des qualifications de la Coupe du monde 2026.
En effet, le sélectionneur des Lions indomptables s’est lâché. Il a accusé Samuel Eto’o, président de la Fecafoot de mener une campagne de désinformation. En revenant sur le clash qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux en mai dernier, le sélectionneur des Lions indomptables s’est exprimé sur la relation « surréaliste » que l’ancien capitaine des Lions entretient avec le vestiaire de l’équipe du Cameroun.
Eto’o a une équipe de réseaux sociaux autour de lui. Mais 80 % des infos qu’ils annoncent sont erronées ! C’est de la pure fiction, mais les gens le croient. J’ai soi-disant déjà été viré 37 fois. Vu son passé de footballeur et ses origines, il est soutenu par les classes populaires. Il est très puissant, même s’il n’a réussi que comme footballeur. Dans les autres domaines, il a échoué : comme entraîneur, comme entrepreneur et visiblement comme dirigeant, quand je vois sa façon de faire à la Fecafoot. J’ai 62 ans, un âge auquel on dit les vérités aux gens, pour les aider à évoluer. Mon prédécesseur Rigobert Song était sa girouette et n’avait rien à dire. Eto’o rentrait dans le vestiaire avant le match et au repos et il changeait l’équipe de A à Z. Les joueurs se sentaient tyrannisés, c’était une farce totale. Dans un tel environnement, il ne fallait pas attendre que le Cameroun réalise les performances qu’on attend de lui,
a lâché Marc Brys.
Rigobert Song appelle à la retenue de Brys
Cette sortie a fait couler beaucoup d’encre et de salive au sein de l’opinion camerounaise. Des réactions se sont enchaînées. Dans un communiqué, relayé sur son compte X, l’ancien entraîneur des Lions, Rigobert Song a appelé Marc Brys à plus de retenue.
Monsieur Marc Brys est effectivement à un âge où la retenue dans les prises de parole s’impose en droite ligne avec des valeurs véhiculées par notre sport (…) Monsieur Brys qui poursuit le chantier de reconstruction et de renouvellement que nous avons initié, est attendu sur le terrain et non dans les journaux, dans le cadre des éliminatoires de la CAN et de la Coupe du monde 2026. L’histoire du football camerounais a été écrite grâce à nos icônes. Ces dernières méritent respect et reconnaissance. J’ai fait mon parcours en tant que manager-sélectionneur en prenant mes responsabilités face à certaines situations et en faisant des choix que j’assume pleinement,
peut-on lire sur le communiqué rendu public par l’ancien capitaine des Lions indomptables du Cameroun.
Pamphlet
Les regroupements sportifs locaux ne sont pas restés muets. Face à cette sortie jugée regrettable, l’Association camerounaise des entraineurs et éducateurs de football (Aceef) n’a pas manqué de rappeler au Belge, le passé glorieux de la sélection camerounaise : huit phases finales de la coupe du monde de football dont un quart de finale, cinq trophées continentaux et une médaille d’or olympique. Fort de cela, Michel Kaham, président de l’Aceef a condamné les propos tenus par Marc Brys dans les médias belges.
« Cette sortie regrettable de monsieur Marc Brys est de nature à saper l’unité nationale et l’engagement patriotique autour de nos Lions indomptables, ciment de notre unité nationale si durement acquise. Sur ce, nous invitons d’une part monsieur Marc Brys à avoir désormais un peu plus de retenue eu égard du droit de réserve que ses lourdes et nobles responsabilités lui commandent. D’autre part, la Fédération camerounaise de football doit tirer toutes les conséquences de droit qui s’imposent en pareille circonstance,
renseigne le communiqué signé de Michel Kaham.
L’Association nationale des footballeurs camerounais (ANFC) n’est pas restée indifférente. Dans un communiqué signé de son président, Lucien Metomo, s’inscrit en faux dans cette démarche « pamphlet écornant l’image de marque, la personnalité et la crédibilité du président de la Fecafoot, Samuel Eto’o ». Cette sortie a également été l’occasion pour l’association de condamner les propos du technicien belge défiant le silence éthique.


