Arrivé au Maroc avec l’ambition de guider une sélection gabonaise en quête de rédemption, Pierre-Emerick Aubameyang repart finalement plus tôt que prévu, sans avoir pesé comme espéré. Éliminé dès la phase de groupes après deux défaites face au Cameroun (1-0) puis au Mozambique (2-3), le Gabon a vu son parcours s’arrêter brutalement. Un échec collectif dans lequel la star attendue n’a jamais réussi à inverser la tendance. Sur le terrain, le bilan reste insuffisant. Entré en jeu à la surprise générale contre le Cameroun, puis titularisé face au Mozambique où il a inscrit un but, Aubameyang n’a jamais réellement incarné le leader capable de transcender son équipe. Souvent isolé, parfois en difficulté physiquement, l’attaquant marseillais n’a pas masqué les limites d’un collectif en manque de cohésion et d’efficacité. Le Gabon quitte la compétition sans victoire, et son capitaine avec lui.
Mais plus que ses performances sportives, c’est surtout l’épisode médiatique qui a marqué cette CAN. Après la défaite face au Mozambique, Aubameyang s’est illustré par une interview devenue virale. Interrogé par un journaliste sur le match et son état d’esprit, le capitaine gabonais a lâché un laconique « Ko », avant d’ajouter qu’il n’avait « rien à dire » et de qualifier la situation de « honteuse ». Une réponse sèche, teintée d’ironie, perçue par beaucoup comme une volonté de ridiculiser son interlocuteur. Ce coup de sang médiatique n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans un contexte de pression croissante autour du joueur. Ces dernières semaines, Aubameyang a été la cible de critiques, notamment dans la presse allemande, concernant son comportement et son implication, tandis que des rumeurs de transfert, parfois insistantes, ont alimenté les débats. Face aux questions répétées sur son avenir et son mental, l’attaquant a choisi l’ironie et la provocation pour exprimer son agacement.
Un comportement qui rappelle des précédents. En 2018 déjà, Aubameyang avait accusé un journaliste du magazine « Kicker » de racisme, révélant une relation compliquée avec une partie de la presse. À la CAN 2025, cette tension s’est une nouvelle fois matérialisée, donnant l’image d’un joueur sur la défensive, davantage préoccupé par son rapport aux médias que par l’enjeu sportif. Comme pour clore une compétition déjà chaotique, la CAN s’est terminée sur blessure pour le capitaine gabonais. Gêné à la cuisse gauche après la rencontre face au Mozambique, Pierre-Emerick Aubameyang a été déclaré forfait pour le dernier match sans enjeu contre la Côte d’Ivoire. Dans un communiqué officiel, la Fédération gabonaise a annoncé, en concertation avec l’Olympique de Marseille, avoir décidé de préserver l’intégrité physique du joueur et de le mettre à la disposition de son club afin de poursuivre les soins.
Arrivé le 22 décembre à Agadir avec de grandes ambitions, Aubameyang quitte donc le Maroc prématurément, symbole d’une CAN ratée à tous les niveaux. Pour le Gabon, l’élimination est un échec sportif. Pour son capitaine, elle pose une question plus profonde, celle de son rôle réel et de sa capacité à encore incarner un leadership durable en sélection nationale. Une CAN 2025 qui restera comme un tournant, et sans doute comme l’une des plus grandes désillusions de la carrière internationale de Pierre-Emerick Aubameyang.


