S’exprimant en salle de conférence de presse où il a été accueilli par un tonnerre d’applaudissements de la part des journalistes ivoiriens, Emerse Faé a déclaré qu’il était difficile d’imaginer qu’ils étaient passés d’une quasi-élimination à la conquête du titre. Il a dit toute la joie qui l’anime au nom de ce rêve longtemps caressé.
J’ai rêvé d’être champion d’Afrique en tant que joueur mais je n’ai pas pu. Aujourd’hui je suis champion d’Afrique en tant qu’entraîneur. C’est un rêve que je nourris depuis longtemps et Dieu merci, il a fini par se réaliser d’une autre manière. Je dis merci à tous ceux qui m’ont fait confiance. Il faut aussi saluer le fighting spirit des joueurs. Ça a été difficile de relever la tête après les matchs de poules. Nos matches ont toujours été compliqués, on a toujours été obligés de revenir au score, physiquement, mentalement, on a été obligé de puiser dans nos réserves.
Il a également félicité son prédécesseur Jean-Louis Gasset, qui a commencé le travail avec l’équipe des Eléphants, pendant qu’il jouait le rôle d’entraîneur adjoint à ses côtés.
J’ai encore du mal à y croire. Nous sommes passés par toutes les émotions. Cette compétition marquera ma vie, c’est certain. J’ai pris les rênes de l’équipe, le jour de mon anniversaire et nous avons failli être éliminés, mais les choses ont changé grâce au travail acharné de ces joueurs et aujourd’hui, ils ont été récompensés et plus important encore, ils ont récompensé notre peuple loyal », a déclaré l’entraîneur.
Emerse Fae qui a également remporté le prix du Meilleur entraîneur de cette compétition pour avoir fait preuve d’un sens tactique en guidant les Éléphants vers la victoire a tenu à rendre hommage à ses joueurs :
Ce sont des joueurs de qualité, il fallait juste retrouver le grain de folie, retrouver un groupe parce que contre la Guinée on s’était un peu dissocié. On a retrouvé la confiance au fur et à mesure des étapes, on a mieux joué. On a fait un super match ce soir, ils ont fait un truc de malade ce soir, remporter la CAN alors qu’on était presque mort, chapeau à eux. Avant cette finale, j’étais fatigué mais pas spécialement nerveux. On a des joueurs d’expérience comme Max-Alain Gradel, Serge Aurier qui ont déjà gagné la CAN, Willy Boly aussi même s’il était blessé et en tribune ce soir qui ont su trouver les mots justes pour galvaniser les autres.
Le technicien ivoirien a ainsi eu une pensée forte pour le peuple ivoirien avec qui la relation a été houleuse pendant la compétition, avant de retrouver un bonheur absolu.
Je suis tellement fier pour le peuple. Au début de la compétition il y a eu une cassure entre le peuple et nous parce qu’ils attendaient qu’on mouille le maillot, et on a failli à cette tâche. On a pu renouer le lien, on s’est battu et ils nous le rendent. On a eu l’hymne trois fois pendant le match, le peuple le mérite, c’est fantastique.
Par ailleurs, Emerse Faé n’a pas hésité à répondre aux critiques de Jérôme Rothen sur la Can :
Il y a un pseudo journaliste en France qui n’a jamais fait de match international de sa vie et qui aurait dit que le niveau de la Can était catastrophique parce qu’il n’y avait pas de tactique, de technique…Je pense que lui, il ne comprend rien au football…


