La sélection camerounaise a abordé cette CAN avec un groupe profondément remanié, conséquence d’un choix assumé du staff technique de miser sur une nouvelle génération. Si cette orientation a permis d’observer une équipe engagée et disciplinée, elle a également révélé certaines insuffisances dans les moments décisifs. Face au Maroc, le Cameroun n’est pas parvenu à se montrer dangereux offensivement, concluant la rencontre sans la moindre tentative cadrée. Un constat qui a nourri les interrogations sur la capacité du groupe à gérer la pression inhérente aux matchs à élimination directe.
Benjamin Moukandjo, l’ancien capitaine des Lions Indomptables, champion d’Afrique en 2017, s’est exprimé sur la situation des joueurs absents de la sélection. Sans remettre en cause l’autorité du sélectionneur, il a rappelé que tout joueur encore en activité et apte à défendre les couleurs nationales devait rester une option pour l’équipe. Une position qui met en avant la notion de disponibilité sportive plutôt que celle de statut.
L’absence d’André Onana et de Vincent Aboubakar constitue l’un des points les plus commentés de cette CAN 2025. Le gardien de Manchester United et l’attaquant évoluant en Arabie saoudite ne figurent plus dans les plans de la sélection depuis plusieurs mois. Si aucune communication officielle n’a détaillé les raisons exactes de leur mise à l’écart, plusieurs facteurs sont évoqués, allant des choix tactiques à la volonté de rajeunir l’effectif dans une logique de reconstruction à moyen terme.
Sur le plan sportif, ces absences ont été d’autant plus remarquées que le Cameroun a parfois semblé manquer de repères dans les moments clés. Face à une équipe marocaine expérimentée et portée par son public, les Lions Indomptables ont éprouvé des difficultés à imposer leur jeu. Pour certains observateurs, l’expérience de joueurs rompus aux grandes compétitions aurait pu apporter davantage de sérénité et de leadership dans la gestion du match.
Le débat soulevé par cette élimination, interroge la stratégie globale adoptée par le sélectionneur David Pagou depuis le début de son mandat. Le technicien camerounais a engagé un processus de renouvellement visant à poser les bases d’un projet durable, fondé sur une génération appelée à s’inscrire dans le temps. Une démarche qui nécessite cependant un équilibre entre projection à long terme et exigences immédiates de résultats.
Les enseignements de la CAN 2025 mettent en évidence cette tension. Si le Cameroun a montré des signes encourageants sur le plan collectif, le manque de maturité observé dans certaines phases décisives a pesé sur l’issue du tournoi. La question de l’intégration de joueurs expérimentés se pose ainsi comme un levier potentiel pour accompagner la progression du groupe.
À l’issue de cette compétition, les choix à venir du staff technique seront déterminants pour la suite du projet sportif. Entre la poursuite du rajeunissement et une éventuelle réintégration ciblée de cadres, le Cameroun devra définir une ligne claire. Une réflexion désormais incontournable pour aborder les prochaines échéances avec un effectif à la fois compétitif et structuré.


