Qui pour entrer dans le dernier carré de cette 34e édition de la CAN qui nous a déjà réservé de grandes surprises ? L’affiche du quart de finale Angola – Nigeria s’annonce intéressante. Les deux équipes se sont déjà rencontrées 6 fois depuis 1981, le dernier match entre les deux formations a été remporté 2-1 par Nigéria le dimanche 28 janvier 2018, lors d’une rencontre amicale. Les Super Eagles, déjà trois vainqueurs de l’épreuve, visent un nouveau sacre tandis que les Palancas Negras espèrent atteindre pour la première fois de son histoire le stade des demi-finales.
À voir l’évolution des deux sélections jusqu’à présent, on constate que ce serait donc un duel intéressant. Le match opposera Jacinto Dala, Gilberto et Mabululu aux défenseurs Nigérians William Troost, Ekong, Calvin Bassey et Semi Ajayi. Un « match dans le match ». Ainsi, Gelson Dala a été l’auteur de deux doublés face à la Namibie puis face à la Mauritanie. Le joueur d’Al-Wakrah SC au Qatar (27 ans), qui avait également été désigné Homme du match pour la deuxième fois, sera attendu par ses compatriotes afin de poursuivre sur cette dynamique d’un buteur racé.
La CAN des surprises
En face, le Nigeria, amené par le Meilleur joueur africain 2023 Victor Osimhen, peut également compter sur un autre talent Ademola Lookman qui a fait plier le Cameroun au Stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan en signant un doublé. Mieux encore, l’attaquant de l’Atalanta Bergame a été désigné Homme du match. Il faut donc bien le surveiller ce vendredi. Historiquement, les Nigérians partent largement favoris devant les Angolais, mais, il ne faut surtout pas oublier que cette CAN s’est bien distinguée de par ses innombrables « surprises » en matière de résultats techniques.
Dans l’autre quart de finale, la République démocratique du Congo (RDC) et la Guinée ont pris rendez-vous au stade olympique d’Ébimpé à Abidjan. Les Léopards, forts d’un succès prestigieux contre l’Égypte, ont grand appétit. Mais les Guinéens, eux, s’appuient sur un élan et une force mentale en béton. Cette affiche est aussi prometteuse.
Voilà déjà plus de six ans que la RDC et la Guinée n’ont plus croisé le fer sur un terrain de football. La dernière fois, c’était en novembre 2017, et les Léopards l’avaient emporté 3-1. Mais les équipes et le contexte étaient différents. Il s’agissait d’un match éliminatoire pour la Coupe du monde 2018, et aucune des deux sélections n’avaient été du voyage en Russie.
Dans le camp des Léopards, on se veut serein. Cette CAN est déjà une réussite aux yeux du technicien français, en poste depuis un an et demi. Sébastien Desabre cite « deux victoires » dans cette édition 2024 : « La première a été d’atteindre les huitièmes de finale et d’être sortis du groupe en étant seconds. La deuxième a été de battre un top 5 avec l’Egypte. »
Pour l’entraîneur, cette CAN est « la CAN du travail », qui récompense les sélections qui ont le plus progressé.
Les équipes en quarts de finale sont toutes belles. (…) Ça travaille dans tous les pays. C’est très bien, ça va tirer le football africain vers le haut », poursuit-il. Sa RDC a atteint un premier objectif : « On voulait performer dans cette CAN. À l’heure actuelle, on est la 13e équipe africaine (67e au classement général de la Fifa, derrière l’Afrique du Sud à la 66e place et devant le Cap-Vert à la 73e place), et en étant en quarts de finale, on est dans les huit dernières.
Les Guinéens sont en mission
Mais ce n’est pas pour autant que les Léopards comptent s’arrêter en si bon chemin. Il y a de l’humilité chez eux, mais « il faut être ambitieux », avance Desabre, car « on est à deux matchs d’une finale ». « On est calmes, perfectibles dans notre jeu. C’est ce qui nous rend encore plus intéressant. Je pense qu’on a encore une marge de progression », développe l’entraîneur qui entend « jouer crânement (notre) chance ».
Côté Guinéens, le discours est, somme toute, assez semblable dans la bouche de Kaba Diawara. Le sélectionneur se veut mesuré mais déterminé :
On ne va pas jouer les fanfarons. On reste humbles et à notre place. Mais on sera prêts. L’entraîneur reste fidèle à sa philosophie depuis le début de cette CAN : « On est venu pour jouer sept finales. Maintenant, on est prêt, prêt mentalement à se battre. Je me fiche de la façon dont on joue ; on doit gagner.
Beaucoup de sourires donc chez le sélectionneur guinéen, mais qu’on ne s’y trompe pas . La Guinée compte bien tout faire pour l’emporter, elle qui n’a plus battu la RDC depuis un match de la CAN disputée en 2004. Kaba Diawara n’a pas oublié les mots que le président de la transition, Mamadi Doumbouya, à ses troupes il y a quelques semaines :
Il nous a mis en tête qu’il fallait marcher comme un seul homme et qu’on pense au peuple. C’est ce discours que j’ai en tête. Vous savez aussi qu’une catastrophe a eu lieu en Guinée en décembre (l’explosion d’un dépôt de carburant à Conakry qui a fait 24 morts et plus de 450 blessés). Les Guinéens savent que l’on est en mission et qu’on prend ce rôle au sérieux. On a donné de la joie. Il reste trois matches si on va au bout, avec la victoire finale j’espère.


