4 – Son mépris du ministre camerounais des Sports, Narcisse Mouellé Kombi
La brouille entre Samuel Eto’o et le ministre camerounais chargé des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, a commencé à la CAN en Egypte en 2019. Si Eto’o n’est pas encore président de la Fécafoot, il n’en reste pas moins l’homme le plus influent. En effet, Seïdou Mbombo Njoya, de bonnes sources, est devenu président de la Fécafoot au détriment de Joseph Antoine Bell, grâce aux moyens mis à sa disposition de l’ancien attaquant du FC Barcelone.
Dirigeant la Fécafoot via son « filleul », Samuel Eto’o va faire nommer le duo Clarence Seedorf-Patrick Kluivert à la tête des Lions. Constatant que Mouelle Kombi avait pris l’habitude d’être très présent dans la tanière, Samuel Eto’o va donner les instructions au staff technique des Lions de ne jamais laisser le ministre entrer dans les vestiaires.
A Ismaïlia, où les Lions, champions d’Afrique en titre, sont logés dans la poule F, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi, porteur dit-il du message d’encouragement du chef de l’Etat à l’endroit des Lions, va se voir bloquer la porte des vestiaires dès le premier match, devant des joueurs médusés. Le chef de la délégation camerounaise finira son séjour en terre égyptienne sans s’adresser directement aux Lions. Au restaurant de l’hôtel, Eto’o, qui ne sait pas que Mouelle Kombi est au parfum du complot qu’il a ourdi contre lui, veut se montrer serviable en lui proposant du café. Une offre que le ministre va gentiment décliner. Le froid s’installe.
La CAN égyptienne s’étant jouée en pleine vacances d’été, les enfants du ministre ont souhaité vivre la grande fête du football africain en direct. Eto’o se propose de promener les enfants du ministre dans les rues d’Ismaïlia, Mouelle Kombi s’y oppose. Le climat entre les deux hommes se dégrade davantage.
Après l’échec du Cameroun à la CAN, éliminé aux huitièmes de finale par le Nigeria, les techniciens néerlandais plient bagages. Narcisse Mouelle Kombi intronise le technicien portugais, Antonio Conceçao, à la tête des Lions. Lors de la CAN au Cameroun, une fois les Lions indomptables éliminés en demi-finale par les Pharaons, Eto’o va entamer un bras de fer avec le ministre des Sports. Le président de la Fécafoot, fraîchement élu, va grâce à ses réseaux au sommet de l’Etat, remporter cette bataille, en faisant nommer Rigobert Song Bahanag, comme manager-sélectionneur des Lions indomptables.
Après le fiasco du Cameroun à la CAN en Côte d’ivoire, éliminé une fois de plus par le Nigeria, aux huitièmes de finale, le contrat de Rigobert Song n’a pas été prorogé par le ministre des Sports. Dans un jeu d’influence bien orchestré depuis la présidence de la République du Cameroun, le pouvoir de nommer un nouveau sélectionneur des Lions est revenu au ministre des Sports…et on reparle d’Antonio Conceçao. En ligne de mire : la Coupe du monde 2026.

5 – Les promesses de campagnes non tenues
André Kana Biyik, l’ex-gloire des Lions indomptables, résume dans le journal Le Monde le bilan à mi-parcours de Samuel Eto’o à la tête de la Fédération camerounaise de football :
Il avait fait une bonne campagne avec un projet ambitieux, suscitant beaucoup d’attentes. Mais, après deux ans et demi de mandat, le bilan est décevant (…). Il a un égo surdimensionné, n’en fait qu’à sa tête, n’écoute personne et n’est pas bien conseillé. Résultat, on parle davantage des multiples affaires qui secouent la fédération que des avancées pour le football camerounais qui sont assez nombreuses.
Construire les stades n’est la mission d’aucune fédération de football dans le monde. Mais, malgré cela, Samuel Eto’o dans son ambitieux programme avait émis le vœu de vouloir en construire au Cameroun. C’est ainsi qu’il a entamé la construction du stade de Bamenda, alors que la Fecafoot ne parvient pas, depuis des années, à achever la construction de son immeuble-siège.
Pourtant, les observateurs étaient tous unanimes, au moment de sa prise de fonction à la tête de la Fecafoot : le développement économique du football local était le principal défi de Samuel Eto’o et de son équipe.
A cet effet, l’exécutif de la Fédération devait s’atteler à s’attirer de nouveaux sponsors. C’est sur ce terrain que Samuel Eto’o était très attendu, pour laisser parler son aura et son sens du management. Mais jusqu’ici, malgré ses apparitions aux côtés de nombreux patrons et hommes politiques, il n’a toujours pas réussi « à redonner au football camerounais toute sa grandeur ! », comme il l’avait promis pendant la campagne. La meilleure illustration, ce sont les performances des Lions indomptables, toutes catégories confondues, qui n’avaient jamais connu autant d’échecs.
6 – La nomination de Song Bahanag comme manager-sélectionneur
Pendant la campagne pour l’élection à la présidence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o s’est voulu rassembleur. C’est dans cette optique que le journaliste-écrivain, Jean Bruno Tagne, qui avait déjà écrit deux livres à charge contre Eto’o, est nommé directeur de campagne. Mieux, il parvient à attirer vers lui Rigobert Song, son ennemi-intime pendant près d’une décennie chez les Lions. Pour soutenir Eto’o, le recordman des sélections chez les Lions (137 sélections, 5 buts), n’a demandé qu’une seule chose : être sélectionneur de l’équipe fanion du Cameroun.
Le très influent Samuel Eto’o lui fait la promesse. Après l’échec du Cameroun à la CAN, éliminé en demi-finale par l’Egypte, le Pichichi passe à l’acte. Il va contribuer à la nomination de Rigobert Song, malgré ses carences de coaching évidentes pour pouvoir assumer efficacement une telle fonction (Il a échoué dans les catégories jeunes). Rigo porte désormais le titre de manager sélectionneur des Lions indomptables. Il remplace à ce poste le technicien portugais Antonio Conceçao, le chouchou du ministre des Sports.
Au bout du compte, en 2 ans passés au poste de sélectionneur-manager, Song Bahanag affiche le pire bilan de l’ère moderne des Lions indomptables : 23 matchs, 6 victoires, 8 nuls, 9 défaites, 13 buts marqués et 24 buts encaissés.


