Le règlement de la FIFA est implacable. Deux avertissements en matchs officiels, et la sanction tombe : suspension d’un match. Baleba, déjà averti lors des précédentes rencontres, manquera donc le rendez-vous de ce 4 septembre. Sa montée en puissance sous les ordres de Brys l’avait rendu indispensable, tant par son impact physique que par sa vision du jeu. Le natif de Douala s’était imposé comme l’un des cadres de la nouvelle génération camerounaise.
C’est un vrai casse-tête pour le coach. Baleba, c’est notre moteur au milieu,
confie Jean Ateba journaliste sportif.
L’absence du joueur de Brighton prive les Lions Indomptables d’un profil capable de stabiliser l’entrejeu, de relancer proprement et de casser les lignes adverses. Interrogé en conférence de presse, le sélectionneur belge n’a pas voulu s’attarder sur les regrets. Fidèle à son franc-parler, Marc Brys a affiché une sérénité rassurante :
Carlos Baleba est suspendu. On va mettre l’équipe la plus forte sur le terrain. Laissez-nous prendre les points contre l’Eswatini et on verra plus tard,
a-t-il lâché, déterminé à prouver que son groupe ne dépend pas d’un seul joueur.
Son discours vise à maintenir la confiance dans le vestiaire et à calmer les inquiétudes des supporters. Car si le Cameroun ne peut se permettre de perdre des points dans cette campagne, Brys veut montrer que la profondeur de son effectif reste un atout. Le technicien belge doit désormais trouver la bonne formule pour son entrejeu. Deux options se dessinent. Le 4-3-3 classique, avec un milieu à trois où Arthur Avom, sociétaire de Lorient, pourrait remplacer numériquement Baleba, épaulé par Franck Zambo Anguissa et Martin Hongla. Le 4-2-4, schéma plus offensif utilisé au match aller contre l’Eswatini, qui miserait sur un duo de récupération solide (Zambo – Hongla) pour libérer davantage les attaquants.
Une défense remodelée
Le choix du coach sera déterminant. En face, l’Eswatini, outsider sans pression, viendra jouer sa chance sans complexe. Les Lions devront donc se montrer vigilants pour éviter toute mauvaise surprise. Si l’absence de Baleba occupe le devant de la scène, elle n’est pas le seul casse-tête du sélectionneur. En défense, Christopher Wooh, arrivé tardivement en regroupement, n’est pas au meilleur de sa forme et pourrait être laissé sur le banc. Michael Ngadeu devrait ainsi retrouver une place aux côtés de Jean-Charles Castelletto dans l’axe. À gauche, la concurrence s’annonce rude entre Nouhou Tolo et Aboubakar Nagida, révélation lors de la trêve de juin. À droite, Jackson Tchatchoua garde la confiance du staff.
L’autre grande interrogation concerne la pointe de l’attaque. Le sélectionneur devra trancher entre deux figures emblématiques, Vincent Aboubakar, capitaine en manque de rythme faute de club, mais redoutable en sélection et Eric Maxim Choupo-Moting, brillant avec son club américain, mais encore en phase d’adaptation au système Brys. Une cohabitation des deux n’est pas exclue, surtout face à un bloc bas comme celui de l’Eswatini. Sur les ailes, Bryan Mbeumo est assuré de débuter à droite, tandis qu’à gauche, la concurrence reste ouverte entre Bassogog, Ngamaleu et Nkoudou. Au-delà des choix tactiques, le Cameroun aborde ce match avec une obligation de résultat.
L’Eswatini, avant-dernier du groupe, ne doit pas représenter un obstacle insurmontable. Mais dans ces éliminatoires, chaque point compte, et un faux pas compromettrait sérieusement les ambitions mondialistes des Lions. Avec déjà des points perdus en route, le Cameroun doit capitaliser sur ses matchs à domicile pour rester dans la course. Heureusement, la suspension de Baleba ne dure qu’un match. Le milieu de terrain sera de retour dès le déplacement périlleux à Praia, le 9 septembre, pour affronter le Cap-Vert. Une rencontre décisive qui s’annonce comme une véritable finale pour la qualification. Son retour sera perçu comme un renfort de poids. Mais en attendant, les Lions devront prouver qu’ils peuvent exister sans lui. L’occasion pour d’autres joueurs de se révéler et de gagner la confiance du coach.
Une tanière sous pression
Cette suspension relance aussi le débat sur la gestion des avertissements. Dans une compétition aussi exigeante, la discipline individuelle est cruciale. Brys devra insister auprès de ses hommes sur l’importance de la maîtrise émotionnelle pour éviter de nouvelles suspensions. La pression est forte à Yaoundé. Les supporters attendent une victoire nette et rassurante. Les médias locaux multiplient les débats sur les choix du coach et sur la capacité de l’équipe à rester compétitive sans son milieu star. Marc Brys, conscient de cette atmosphère, joue gros. Un succès contre l’Eswatini lui permettrait de renforcer son autorité et de préparer le choc contre le Cap-Vert avec plus de sérénité. À l’inverse, un faux pas pourrait rallumer les critiques autour de sa gestion et de ses choix tactiques.
Il faut donc dire que l’absence de Carlos Baleba est un test grandeur nature pour les Lions Indomptables. Plus qu’un simple contretemps, elle oblige le Cameroun à prouver sa capacité de résilience. La profondeur de l’effectif, l’intelligence tactique de Brys et l’envie des joueurs seront scrutées à la loupe. Ce jeudi soir au stade Ahmadou Ahidjo, les regards seront tournés vers une équipe qui doit gagner, convaincre et rassurer. Baleba reviendra contre le Cap-Vert. Mais d’ici là, ses coéquipiers ont une mission qui est de montrer que les Lions Indomptables rugissent fort.


