L’enjeu est double : non seulement chacun de ces joueurs a réalisé une saison remarquable, mais ils portent aussi l’espoir d’un continent qui n’a plus vu l’un des siens soulever ce trophée depuis George Weah en 1995.
Qui sont-ils, et que valent leurs saisons ?
Achraf Hakimi (Maroc / Paris Saint-Germain)
Position et style : latéral droit moderne, très offensif, capable à la fois de défendre et de créer un danger constant dans les dernières trente mètres.
Statistiques et titres : 11 buts et 16 passes décisives en toutes compétitions pour la saison 2024-2025. Il a été un élément clé du PSG lors de sa saison historique, marquée par un triplé (Ligue 1, Coupe de France et Ligue des champions).
Ses points forts : constance, polyvalence (plusieurs aspects de son jeu sont soulignés : centres, courses offensives, défense), influence dans les matchs à enjeux, notamment en phases finales de la Champions League (quarts, demis, finale).
Ce qui joue contre lui : le Ballon d’Or récompense souvent plus les attaquants ou ceux qui marquent beaucoup; un défenseur même très offensif est rarement favori. De plus, il y a une forte concurrence (coéquipiers performants, stars de l’attaque).
Mohamed Salah (Égypte / Liverpool)
Statistiques 2024-2025 : en Premier League, Salah a joué 38 matchs, marqué 29 buts et délivré 18 passes décisives.
Autres performances : contributions en Ligue des Champions et autres compétitions; il a été un acteur majeur dans le championnat anglais remporté par Liverpool.
Ses forces : grande régularité, capacité à décider des matchs, popularité, expérience dans les grands rendez-vous. Salah a déjà été nominé plusieurs fois et est reconnu internationalement.
Ses faiblesses éventuelles : même si ses chiffres offensifs sont très élevés, Liverpool n’a pas remporté la Ligue des Champions cette saison — ce titre pèse souvent dans le vote du Ballon d’Or. De plus, la concurrence des joueurs extrêmement performants dans des clubs européens puissants pourrait lui faire de l’ombre.
Serhou Guirassy (Guinée / Borussia Dortmund)
Qui c’est : attaquant guinéen évoluant à Dortmund.
Statistiques marquantes : Guirassy a eu une saison “stratosphérique”, selon certains médias. Bien que Dortmund n’ait pas remporté de titres majeurs cette saison, il a été décisif offensivement.
Atouts : le fait d’être un attaquant performant dans l’un des championnats d’Allemagne, visible dans les grandes compétitions, donne du poids. Pour beaucoup, sa nomination marque déjà une reconnaissance forte.
Ce qui peut lui manquer : l’absence de trophées majeurs cette saison (par rapport à Hakimi ou d’autres), moins d’exposition dans les phases finales de Champions League ou de finales majeures pourrait le désavantager dans le vote.
Le poids symbolique : Weah, le seul vainqueur africain
George Weah reste le seul Africain à avoir remporté le Ballon d’Or (en 1995), ce qui donne aux efforts de ces joueurs une dimension historique. Écrire un nouveau chapitre signifierait que l’Afrique pourrait, enfin, retrouver une place au sommet du football mondial individuel.
Qui a le plus de chances ? Scénarios
Voici quelques scénarios réalistes, selon moi, basés sur ce que l’on sait :
Premier scénario : Hakimi sur le podium
Avec la saison qu’il vient de réaliser, s’il continue à être valorisé pour ses performances défensives + offensives, il peut prétendre à une 2ᵉ ou 3ᵉ place.
Deuxième scénario : Salah reste fort mais freiné
Sa puissance offensive est indéniable, mais il pourrait être pénalisé par le fait de ne pas avoir remporté tous les titres majeurs, ou par sa performance en Europe.
Troisième scénario : surprise Guirassy
Moins probable pour le sacre, mais il a une bonne chance de finir dans une place honorable s’il y a une “divergence” (par exemple si les votants privilégient des objectifs individuels et l’impact sans tenir compte uniquement des titres).
Ce que cela signifierait pour l’Afrique
Remporter le Ballon d’Or après 30 ans serait un événement historique : cela renforcerait la visibilité des joueurs africains, améliorerait la confiance dans la diaspora de talents du continent.
Pour le football africain, cela donnerait encore plus de poids à ses clubs de jeunes, ses académies, et pourrait encourager plus d’investissements dans les infrastructures et la formation.
Sur le plan symbolique, cela offrirait une figure d’inspiration pour toute une génération.
L’Afrique arrive ce 2025 avec trois ambassadeurs sérieux : Hakimi, Salah, Guirassy. Aucun n’est à ce jour le favori absolu, mais tous ont des arguments solides. Si un Africain doit gagner, Achraf Hakimi semble celui dont le profil, la constance, les titres et l’impact général plaident le plus en sa faveur. Mais Salah et Guirassy restent dans la course — et ce sont eux aussi des candidats crédibles à un top-3.
Le verdict sera rendu le 22 septembre 2025 à Paris. D’ici là, beaucoup d’attente, beaucoup de débats. Mais une certitude : l’Afrique y croit.


