La gouvernance du sport au cœur des échanges dans la salle de conférence du ministère des Sports. À travers « Monange », Michel Dissake Mbarga apporte sa contribution à la réflexion sur la gestion et l’évolution du mouvement sportif. L’ouvrage aborde notamment la professionnalisation des structures sportives, la transparence, la transformation numérique, la gestion des ressources et la participation des athlètes aux décisions.
Un ouvrage né d’une volonté de transmettre
Après plusieurs décennies consacrées au service du sport, Michel Dissake Mbarga explique avoir voulu laisser un outil aux générations futures. Pour l’auteur, le sport ne peut plus être considéré uniquement comme une activité de compétition ou d’expression. Il doit désormais intégrer les nouvelles exigences liées à son environnement.
« Aujourd’hui, il y a la gestion de l’environnement. Pourquoi vous attribue-t-on une compétition ? Tant qu’on ne respecte pas les règles d’or de l’environnement, on ne vous attribue pas la compétition », explique-t-il.
Cette évolution concerne également le numérique, devenu incontournable dans l’organisation et la gestion du sport moderne. « On ne peut pas parler du sport sans parler du numérique. On doit parler de la transparence, on doit parler de plusieurs éléments », souligne l’auteur.
Les athlètes au centre de la gouvernance
Pour Michel Dissake Mbarga, la gouvernance sportive ne peut pas être pensée sans les principaux acteurs du sport , au premier rang desquels les athlètes.
« On ne peut pas parler de gouvernance sportive sans parler des acteurs. Les athlètes ont un mot à dire », affirme-t-il. Il estime ainsi que les décisions doivent être prises de manière collégiale et que les sportifs doivent être davantage associés aux choix qui concernent leur carrière et leur environnement. L’auteur rappelle également que la gouvernance ne se résume pas à la compilation des règlements intérieurs, des statuts ou à l’organisation des assemblées générales. Ces éléments n’en constituent, selon lui, qu’une partie.
« C’est une infime partie de la gouvernance sportive. C’est pour cela qu’on doit être professionnel », soutient-il.
Cette vision est également partagée par Charly Fakou, délégué d’arrondissement des Sports de Soa. Pour lui, l’ouvrage constitue un outil de référence pour les différents acteurs du mouvement sportif. Il estime qu’il devrait être largement diffusé auprès des présidents de fédérations, des responsables des structures sportives, mais également des athlètes.
Le numérique comme levier de transformation
Autre enjeu majeur développé dans l’ouvrage : la transformation numérique. Pour Michel Dissake Mbarga, le sport doit impérativement accompagner cette mutation technologique.
« Si nous dormons, le numérique nous cherche dans notre sommeil. Raison pour laquelle même le sport doit être numérisé », affirme-t-il.
La vidéo assistance à l’arbitrage, la VAR, constitue pour lui une illustration concrète de cette transformation. La technologie permet notamment de corriger certaines erreurs et d’améliorer la qualité de l’arbitrage. « Aujourd’hui, on parle de la VAR. Vous voyez les erreurs, vous voyez les manquements des arbitres que la VAR corrige. Donc aujourd’hui, on doit parler du numérique », explique l’auteur.
Vers une gestion plus professionnelle
La cérémonie a également mis en avant la nécessité d’améliorer la gestion des structures sportives. Avec des ressources limitées et des ambitions importantes, la bonne gouvernance impose de savoir définir ses priorités, élaborer un plan d’action et assurer une utilisation efficace des moyens disponibles. L’obligation de rendre compte apparaît ainsi comme une exigence essentielle. Les responsables doivent être capables de démontrer les résultats obtenus au regard des ressources qui leur ont été confiées.
L’ouvrage se veut donc un outil pouvant accompagner les fédérations, les comités, les services déconcentrés du ministère des Sports, mais également les établissements de formation spécialisés dans le domaine sportif.
Un outil pour les générations futures
Pour Charly Fakou, le livre doit désormais dépasser le cadre de la cérémonie de dédicace et être mis à la disposition des différentes structures sportives. Il estime que les présidents de fédérations pourraient s’en servir comme d’un véritable outil de travail, tout comme les responsables de l’Institut national de la jeunesse et des sports, les structures chargées de la formation et les services déconcentrés du ministère des Sports.
L’ambition est ainsi de favoriser une meilleure compréhension des enjeux de gouvernance et de contribuer à la professionnalisation du mouvement sportif camerounais.
Avec « Monange », Michel Dissake Mbarga entend laisser une contribution à la réflexion sur l’avenir du sport. Gouvernance, professionnalisation, transparence, numérique, environnement et participation des athlètes constituent les principaux axes de cette réflexion. À travers cet ouvrage, l’auteur appelle surtout à dépasser une conception limitée de la gouvernance sportive pour construire des structures plus professionnelles et mieux adaptées aux réalités du sport moderne.
Après cette première publication, Michel Dissake Mbarga annonce déjà d’autres travaux en préparation. Une manière de prolonger, au-delà de cette dédicace, sa réflexion sur les mutations nécessaires au développement du sport camerounais et africain.


