Les faits remontent à plusieurs rencontres clés du tournoi, mais ont atteint leur paroxysme lors de la finale disputée à Rabat. Des images largement relayées montrent des ramasseurs de balles et des agents affectés à l’organisation s’emparer à répétition des serviettes placées à proximité des cages des gardiens sénégalais. Stanley Nwabali avait déjà été confronté à une situation similaire lors d’un match précédent, avant qu’Édouard Mendy ne vive le même scénario lors de la finale. La séquence la plus marquante reste celle impliquant Yehvann Diouf.
Le gardien remplaçant du Sénégal, désireux de protéger la serviette de son coéquipier, a été bousculé puis traîné au sol dans la surface de réparation, alors que le jeu se poursuivait. Cette scène, jugée choquante par de nombreux observateurs, a immédiatement soulevé des interrogations sur le respect des règles, la sécurité des acteurs et la responsabilité des organisateurs.
Des joueurs marocains, dont Achraf Hakimi et Ismaël Saibari, ont également été aperçus à proximité de ces incidents, ce qui a contribué à nourrir la polémique. Pour une partie de l’opinion, ces interventions ont accentué un climat déjà tendu, dans un match à très forte charge émotionnelle pour les deux camps. Plusieurs jours après la finale, la Confédération africaine de football a fini par prendre position. Au micro de Canal+ Afrique, le président de la commission des arbitres, Olivier Safari, a livré une analyse qui n’a pas manqué de surprendre.
Selon lui, la serviette ne constitue pas un équipement officiel du gardien de but et son utilisation doit rester strictement encadrée par l’esprit sportif. Il estime que dès lors qu’un objet est susceptible d’influencer le déroulement du jeu, il doit être retiré de l’aire de jeu. Cette sortie a immédiatement ravivé les débats. Pour de nombreux analystes et anciens joueurs, la serviette est un accessoire couramment utilisé par les gardiens à travers le monde, notamment pour essuyer leurs gants, surtout dans des conditions climatiques difficiles.
La pluie tombée lors de la finale de la CAN 2025 rendait cet usage encore plus compréhensible. Certains estiment que cibler les gardiens revient à déplacer le problème et à occulter les comportements excessifs observés autour du terrain. Yehvann Diouf est revenu publiquement sur cet épisode, exprimant son incompréhension face aux reproches de manque de fair-play qui lui auraient été adressés.
Le portier sénégalais a expliqué avoir voulu garantir à Édouard Mendy les meilleures conditions possibles pour défendre ses cages. Il a également regretté l’absence de réaction immédiate des officiels, alors même qu’il se retrouvait au sol pendant que le ballon circulait à quelques mètres. Au-delà de la finale, l’affaire des serviettes semble révéler un malaise plus profond. Des incidents similaires ont été signalés dans d’autres compétitions africaines, notamment en Coupe de la CAF, renforçant l’idée d’un problème structurel lié à l’organisation des matchs et au rôle des intervenants extérieurs. Pour plusieurs spécialistes, il devient urgent de clarifier les règles et de renforcer la formation des acteurs impliqués autour du terrain.


