Né le 12 janvier 2009, à Londres, de parents camerounais, Brian Madjo qui a grandi au Luxembourg, est écartelé entre trois sélections : l’Angleterre, le Luxembourg et le Cameroun. Dans un entretien que le prodige a accordé au journal l’Essentiel, son choix de nationalité sportive semble être fait. Mais sait-il qu’avec le Luxembourg, qui n’a jamais participé à un Euro ou une Coupe du monde, il lui sera difficile de faire une grande carrière internationale ?
J’y ai beaucoup pensé. Certes, je suis né en Angleterre, mais j’ai grandi au Luxembourg. La Fédération luxembourgeoise de football (FLF) et Manuel Cardoni, le directeur technique, m’ont beaucoup fait avancer. Cela aurait été une petite trahison de choisir l’Angleterre ou le Cameroun. Si j’avais choisi l’Angleterre, je n’aurais plus eu de lien avec le Luxembourg. Il fallait aussi réfléchir à cela. Au-delà des amis, il y a aussi une priorité à accorder à ma famille qui vit ici.
Et le jeune Brian Madjo se montre ambitieux : « Je ne sais pas comment ça va évoluer. Mais le niveau s’améliore. De très bons joueurs vont arriver bientôt. On peut faire un grand truc ici, avec le Luxembourg ».
Âgé de seulement 16 ans, il évolue déjà depuis le début de saison avec les U19 nationaux du FC Metz, un club qu’il a rejoint en janvier 2024 en provenance du RFCU. Cette précocité, mais aussi son gabarit très imposant (il approche le mètre 90) et son poste d’avant-centre lui valent des marques d’intérêt étrangères, ainsi qu’une comparaison toute trouvée, de la part d’un recruteur d’un club du Big 4 européen attentif à l’évolution de l’ado : Romelu Lukaku.

A en croire lequotidien.lu, la route est encore longue, et être comparé à «Big Rom» ne lui garantit en rien une carrière comparable à celle du Belge, mais certaines formations sont prêtes à prendre le pari. À l’image de Southampton, lanterne rouge de Premier League qui fait, selon nos informations, le forcing pour attirer un garçon né en Angleterre, à Enfield, au nord de Londres, mais élevé footballistiquement au Luxembourg, qu’il a rejoint avec ses parents dès son plus jeune âge. «Brian est un pur produit de notre école de foot», revendique Manou Cardoni, le directeur technique national.
Mais pour le principal intéressé, il doit encore progresser. « La technique, que j’essaie d’améliorer, mon pied gauche aussi, mais également ma mobilité pour être plus agile. À Metz, on le fait très bien, notamment grâce au préparateur physique, qui nous fournit de bons conseils et les exercices nécessaires ». Voilà les domaines qui selon lui il doit encore travailler.
La Fédération luxembourgeoise de football souhaitant le blinder, il a été convoqué pour la première fois en équipe fanion du Luxembourg face à la Suède, lors d’un match amical le 22 mars 2025, Face à Alexandre Isak et ses coéquipiers, le jeune joueur qui évolue en club avec les U19 du FC Metz a montré toutes ses qualités au cours d’une première mi-temps réussie. Avec un jeu dos au but redoutable, des remises, des transversales, de la vitesse, mais surtout une capacité bluffante à faire la différence avec son physique, le joueur d’origine camerounaise, né à Enfield (Angleterre), a impressionné plus d’un observateur.
Luc Holtz très satisfait
Et même ses adversaires du jour: «C’est dingue d’être aussi fort à 16 ans. J’ai l’habitude de jouer contre des joueurs de même gabarit en Ligue 1, mais je pense qu’un futur brillant l’attend». Des mots forts signés du défenseur lillois Gabriel Gudmundsson, qui en a vu d’autres en Ligue des champions cette année.
Sorti sous les applaudissements du stade à l’heure de jeu, Brian Madjo a été félicité par Gerson Rodrigues, en mode grand frère, et a reçu une longue accolade de son entraîneur Luc Holtz, forcément satisfait de ses premiers pas. «Quand quelqu’un a des qualités pour jouer, je lui donne sa chance. Il s’agira d’une expérience très utile pour son développement», a réagi l’entraîneur après la rencontre.
Si les Luxembourgeois se sont empressés de convoquer un joueur qui n’a pas encore disputé la moindre minute de match avec l’équipe fanion de Metz, la raison est simple : il ne faut pas qu’il soit récupéré par le Cameroun. Hors, rien n’est perdu au pays des Lions indomptables. La Fifa ayant en mars 2022 assoupli les règles présidant au changement de nationalité sportive pour les joueurs binationaux.
Ces derniers pourront désormais, sous certaines conditions, changer de nationalité sportive même après avoir disputé un match officiel avec une sélection donnée. Selon la nouvelle disposition, une sélection pour un match officiel avec l’équipe A d’un pays donné ne sera plus forcément un obstacle à une sélection avec celle d’un autre pays.
Un changement de nationalité sportive est possible pour les seniors, à quatre conditions : – avoir joué moins de trois matchs avec sa première sélection ; – être âgé de moins de 21 ans lors de ces premières apparitions internationales ; – ne plus avoir été appelé en sélection depuis au moins trois ans ; – ne pas avoir disputé de phase finale d’une Coupe du monde ou d’un tournoi continental (Euro, CAN, etc.) avec la sélection en question. Il revient aux autorités en charge du football camerounais de se montrer très persuasif afin de rapatrier tous ses talentueux binationaux.


