Alban Lafont a surpris le monde du football. Après avoir été appelé une seule fois par l’équipe de France en 2022 sans entrer en jeu, le gardien franco-burkinabè a décidé de défendre désormais les couleurs de la Côte d’Ivoire. Convoqué par le sélectionneur Emerse Faé pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, il sera en concurrence avec Yahia Fofana pour les matches face au Burundi et au Gabon. Ce choix marque un tournant dans sa carrière internationale et illustre sa volonté de saisir une opportunité unique.
Lafont a grandi entre deux cultures. Son père, entrepreneur français, et sa mère, figure politique burkinabè, lui ont transmis des valeurs de rigueur et de dépassement de soi. Le divorce de ses parents et son départ pour la France en 2008 ont marqué un tournant, mais n’ont jamais entamé sa détermination. C’est à Montpellier que le jeune gardien découvre le football, d’abord comme milieu puis comme attaquant, avant de se consacrer au poste qui fera sa renommée.
Le parcours d’Alban Lafont en club est celui d’un joueur confronté aux défis dès son plus jeune âge. Formé à Toulouse, il devient le plus jeune gardien titulaire de Ligue 1 à seulement 16 ans. Sa carrière prend rapidement une dimension internationale. En 2018, il rejoint la Fiorentina en Serie A, où il apprend la rigueur tactique italienne et l’importance de la discipline mentale dans un championnat réputé pour sa défense.
À 26 ans, Lafont est aujourd’hui prêté au Panathinaïkos, après une fin de parcours délicate à Nantes. La saison précédente, il avait perdu sa place de numéro un au profit de Patrik Carlgren puis d’Anthony Lopes. Sous contrat jusqu’en 2027 avec les Canaris, il touche un salaire annuel de 1,5 million d’euros (975 millions de FCFA) et reste valorisé à 3 millions d’euros. Ce contexte explique en partie son choix de relever un nouveau défi international qui est de montrer sa valeur, retrouver du temps de jeu et inscrire son nom sur la scène mondiale.
Une décision motivée
Le choix de la Côte d’Ivoire n’est pas un simple hasard. Alban Lafont explique qu’il a été séduit par l’opportunité de jouer un rôle clé dans une équipe ambitieuse et de relever un défi compétitif immédiat. Alors que le Burkina Faso restait une option possible et que la France ne lui avait offert qu’une convocation sans match, la sélection ivoirienne représentait un choix logique pour un gardien en quête de visibilité et de responsabilités.
Cette décision s’inscrit dans la continuité de sa trajectoire de joueur conscient de ses forces et de ses limites. À Nantes, il s’était affirmé comme capitaine et leader, remportant la Coupe de France et s’imposant comme une référence dans son poste. La Côte d’Ivoire, avec des échéances cruciales comme les éliminatoires du Mondial 2026, lui offre l’opportunité de mettre à profit son expérience et son leadership.
Alban Lafont ne se considère pas seulement comme un joueur expérimenté, mais comme un mentor potentiel pour la nouvelle génération. Son parcours, de Toulouse à Florence puis à Nantes, en passant par les blessures et les prêts, lui a appris l’importance de la constance et de la résilience. Ces qualités, selon Faé, font de lui un atout précieux pour la sélection ivoirienne.
Ce nouvel engagement est également une façon pour Lafont de construire son héritage. Choisir la Côte d’Ivoire, c’est s’immerger dans un projet ambitieux, où chaque match compte et où sa carrière internationale peut enfin décoller. Le salaire et la valorisation actuelle montrent que, malgré les obstacles, il reste un gardien de premier plan capable de rivaliser à l’échelle mondiale.
Un parcours façonné par la rigueur
Alban Lafont n’a jamais été un joueur ordinaire. Dès son enfance à Ouagadougou, il montre un tempérament calme, réfléchi et déjà déterminé. Il commence au club de l’Étoile Filante, d’abord milieu, puis attaquant, inspiré par Didier Drogba, avant de trouver sa vocation dans les cages. Son passage en France, à Toulouse, le confronte à la compétition et à la pression de la Ligue 1, où il impressionne dès ses débuts.
Le jeune gardien ne tarde pas à se faire remarquer. En 2018, son transfert à la Fiorentina marque l’entrée dans le football européen, un saut nécessaire pour gagner en maturité et en technique. Malgré les difficultés rencontrées en Italie, il affirme sa capacité à surmonter l’adversité et à progresser, une qualité qui lui sera utile avec la Côte d’Ivoire.
Son retour en France, d’abord en prêt puis définitivement à Nantes, illustre sa constance et son engagement. À 22 ans, il devient capitaine et s’impose comme un leader reconnu pour sa solidité mentale et son intelligence de jeu. Une performance mémorable contre le PSG, notée 10/10 par L’Équipe, reste gravée dans les annales, symbolisant sa capacité à briller sous pression. Le prêt au Panathinaïkos en 2025 apparaît donc comme une étape logique. Son choix de représenter la Côte d’Ivoire, loin d’être un simple changement de maillot, est l’affirmation d’un joueur qui sait ce qu’il veut, et qui refuse de laisser passer les occasions qui se présentent.


