Le Cameroun, longtemps considéré comme l’un des symboles du football africain sur la scène mondiale, regardera finalement le Mondial 2026 à distance. Une réalité difficile à accepter pour de nombreux supporters, mais encore plus pour les anciennes gloires qui ont contribué à bâtir l’histoire des Lions Indomptables.
Parmi elles, Joseph-Antoine Bell n’a pas caché son immense frustration. Dans une sortie largement relayée sur les réseaux sociaux, l’ancien international camerounais a livré un témoignage poignant, mêlant souvenirs glorieux et inquiétudes profondes sur la direction actuelle du football camerounais.
« Le Cameroun devait toujours être parmi les meilleurs »
Pour Joseph-Antoine Bell, la douleur dépasse la simple non-qualification. Elle touche à l’identité même du football camerounais.
Je m’excuse de pouvoir lancer comme ça un cri parce que même quand je me retiens, je dois avouer que ça me fait très mal
, confie-t-il.
L’ancien gardien rappelle surtout le rôle historique du Cameroun dans l’évolution de la représentation africaine à la Coupe du monde. À ses yeux, les Lions Indomptables ont toujours été parmi les pionniers du football continental.
Moi, j’étais là quand il y avait un seul représentant africain à la Coupe du monde et le Cameroun prétendait qu’il pouvait être celui-là. Quand il y en a eu deux, le Cameroun était dans les deux. Il a contribué pour qu’il y en ait trois. Il a contribué pour qu’il y en ait cinq et il était dedans.
Une Coupe du monde à 48 équipes… sans le Cameroun
L’édition 2026 marque pourtant une évolution majeure avec une Coupe du monde élargie à 48 nations et une présence africaine portée à dix représentants. Un format qui aurait dû théoriquement favoriser les grandes nations du continent.
Mais pour Joseph-Antoine Bell, voir le Cameroun absent dans ce contexte est une humiliation sportive difficile à digérer.
« Aujourd’hui, si l’Afrique est représentée par 10 équipes et que le Cameroun n’en fait pas partie, si je vous dis que ça ne me fend pas le cœur, c’est que je mens. »
La critique directe des dirigeants du football camerounais
Au-delà de l’émotion, Joseph-Antoine Bell pointe également du doigt les responsables du football national. L’ancien portier estime que les autorités sportives refusent encore de reconnaître la profondeur de la crise.
Pour beaucoup, en tout cas pour les responsables du football camerounais, le temps n’est toujours pas venu de réellement regarder en face la décrépitude, de regarder en face la chute.
Il faut arrêter de nous raconter qu’on est en reconstruction sans avoir jamais dit quand on a été détruits .
Les propos de Joseph-Antoine Bell résonnent comme un cri du cœur venant d’une génération qui a porté haut les couleurs du Cameroun sur la scène internationale. Derrière l’émotion et la colère, l’ancien gardien pose surtout une question essentielle : comment une nation considérée comme l’un des géants historiques du football africain peut-elle aujourd’hui manquer une Coupe du monde élargie à dix représentants africains ?
Au-delà de la polémique, cette sortie remet une nouvelle fois sur la table les interrogations autour de l’organisation, de la gestion et de l’avenir du football camerounais.


