Le jeune sprinteur au talent immense a créé la surprise. Le Botswanais Letsile Tebogo a conquis l’or olympique du 200 m jeudi à Paris, le premier pour un athlète africain dans cette discipline. Il a largement devancé une concurrence pourtant terrible, avec les Américains Kenny Bednarek en argent et Noah Lyles en bronze.
Avant Tebogo, le Namibien Frankie Fredericks a été double médaillé olympique du demi-tour de piste, mais à chaque fois en argent, en 1992 et 1996. Noah Lyles, invaincu avant Paris sur 200 mètres depuis les Jeux de Tokyo en 2021, où il n’avait déjà obtenu que du bronze, a quitté la piste en chaise roulante. Il a fait savoir à la chaine NBC qu’il souffrait du Covid.
Tebogo, lui, est devenu le sixième performeur mondial de tous les temps au bout de la finale olympique. Il s’était mué en promesse de l’athlétisme mondial en devenant double champion du monde junior du 100 mètres et double vice-champion du monde juniors du 200 mètres en 2021 et en 2022.
Au sommet du podium, Letsile Tebogo a glané son premier titre international, après ses médailles aux Mondiaux de Budapest en 2023 (argent du 100 m, bronze du 200 m) et sa 6e place du 100 m olympique dimanche. Une juste récompense, selon TV5, pour ce talent fou de l’athlétisme, capable de briller du 100 au 400 m.
Le sprinteur, connu depuis 2022 quand il était devenu le deuxième homme de l’histoire à casser la barrière des 10 secondes sur 100 m à moins de 20 ans, n’est pourtant pas arrivé à Paris dans les meilleures conditions, très affecté par le décès de sa mère il y a quelques mois.
J’ai pris un très gros coup cette année qui m’a beaucoup affecté donc maintenant j’essaye juste de me refaire confiance. Ce n’est pas lié à des blessures, c’est juste lié (au décès) de ma mère”, expliquait-il la semaine passée. “J’aime bien être hors des radars”, confiait-il à propos de sa place dans l’ombre derrière les Américains.
Tebogo avait expliqué qu’une victoire à Paris en sprint ne serait pas seulement “importante pour le pays”. “C’est important pour le continent africain, les gens commencent à réaliser qui on est”. Quatre Africains ont atteint à Paris la finale du 200 m, avec les Zimbabwéens Tapiwanashe Makarawu (6e en 20.10) et Makanakaishe Charamba (8e en 20.53), en plus du Libérien Joseph Fahnbulleh (7e en 20.15).


