Fecafoot-Minsep. Le bras de fer continue entre le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Après avoir boycotté la réunion organisée plus tôt dans la journée par le président de l’instance faîtière du football camerounais, Samuel Eto’o, Marc Brys a tenu sa première conférence de presse.
Le nœud du conflit entre les deux institutions réside dans le fait que chacun des deux veut contrôler la coordination des sélections nationales qui élabore tous les budgets. Du coup, le ministre des Sports s’est empressé de nommer Benjamin Banlog à la coordination des sélections nationales, alors que de l’avis de Samuel Eto’o son fidèle affidé Benoit Angbwa doit être maintenu à ce poste. Seule la Fédération est habilitée à faire les fax aux joueurs convoqués en sélection nationale.
Par ailleurs, au menu de cette rencontre avec les professionnels des médias, la publication de la liste des joueurs présélectionnés pour les prochaines échéances des Lions. Les défenseurs Michael Ngadeu, Nouhou Tolo, Fai Collins, le milieu de terrain Éric Maxime Tchoupo Moting et l’attaquant Christian Bassogog font leur grand retour dans la tanière.
Après son absence remarquée à la réunion de concertation organisée au siège de la Fécafoot, une question subsiste : la liste de Marc Brys sera-t-elle bien accueillie à la Fédération ? À cette interrogation, les analystes restent confiants. La Fédération ou le ministère, le nouveau sélectionneur des Lions indomptables fait l’unanimité.
S’il y a quelque chose d’intéressant dans ce que nous vivons aujourd’hui c’est que, que ce soit la Fédération, que ce soit le Minsep, le coach de l’équipe nationale du Cameroun c’est Marc Brys. Il est reconnu par ces deux institutions. La différence dans les deux staffs se trouve au niveau des adjoints et je pense que les deux institutions vont trouver un terrain d’entente. Donc, il n’y a pas de raison que la Fécafoot ne reçoive pas les listes afin de transmettre les convocations aux joueurs »,
explique Thierry Metomo, entraîneur de football.
Conflit
Un raisonnement qui ne trouve pas écho favorable chez certains journalistes de sport comme Achille Foumana. Pour lui, la gestion de l’équipe nationale du Cameroun est la chasse gardée de l’Etat.
La situation que nous vivons entre le président de la Fécafoot et le ministre des sports est inacceptable quand on est dans une République. Même si nous sommes dans une démocratie, il reste que dans un Etat, il existe une bureaucratie administrative qui a la responsabilité d’arranger la société. Vous ne pouvez pas affronter ouvertement le gouvernement de la République. Le ministre Mouelle Kombi a été nommé par le chef de l’Etat et quand il parle, il fait la volonté du chef de l’Etat. Même quand on pense avoir la raison et le droit avec soi, il y a des limites qu’il ne faut pas franchir,
argumente Achille Foumana, journaliste de sport.
Rappelons que ce conflit intervient dans un contexte où l’équipe nationale sénior du Cameroun affronte dans quelques en juin 2024, l’Angola et le Cap Vert, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Quel impact sur les performances des Lions indomptables ? La réponse le 3 juin prochain face au Cap Vert.



